Musique / Festivals Le bluesman californien est de retour avec un album, et une tournée qui passera par Bruxelles vendredi.

Certains personnages sont à ce point atypiques, que leur passé fait immédiatement l’objet de légendes diverses et variées. Lorsqu’il apparaît pour la première fois sur la scène internationale, en 2006, Seasick Steve semble littéralement sorti de nulle part. Jeans troué, casquette usée et barbe blanche réellement négligée, il attrape une guitare faite main pour fredonner un blues crasseux, qui séduit en un rien de temps un public curieux.


D’aucuns n’hésitent pas à écrire à l’époque que l’homme est un ancien SDF. Formé à la musique dans la rue, il se serait mis à créer des instruments avec des déchets et de vieilles boîtes recyclées. D’autres, lui prêtent des amitiés avec quelques-unes des plus grandes stars du rock comme Kurt Cobain ou Janis Joplin. Et personne ne connaît l’âge réel de ce gamin que l’on dit pourtant sexagénaire.

Le succès du vagabond

Il semblerait effectivement que Steve Gene Wold soit né en Californie, aux environs de 1941, dans une famille à la tendresse relative, qu’il abandonne à l’adolescence pour prendre sa (sur) vie en main. En bon vagabond, il avale du bitume, enchaîne les petits boulots et expérimente personnellement (selon ses dires à tout le moins) les grandes années hippies de San Francisco. Sans le sou durant la majeure partie de son existence, Steve finit par relater ses déboires à l’aide de sa guitare, en 2004, et sort un premier disque de blues.


S’ouvre, alors, le second volet de la vie de Seasick Steve. Immédiatement repéré sur scène, l’homme a le vécu pour sortir des albums à tours de bras. Dog House Music (2006), puis I Started Out With Nothin and I Still Got Most of it Left (2009) le propulsent dans les festivals et les grandes salles, où Steve semble presque perdu à ses débuts. You Can’t Teach An Old Dog New Tricks enfonce le clou en 2011, et pousse notre ami à s’entourer d’ un batteur au même look que le sien, puis, de temps à autre d’un guitariste d’appoint. La musique n’évolue pas vraiment mais le public n’en a cure. Quiconque recherche du blues sait désormais qui aller applaudir à intervalles réguliers.

Seasick Steve, "Can U Cook ?" (BMG, sorti le 28 septembre dernier).

En concert ce vendredi 23 novembre au Cirque Royal (Bruxelles). Infos : www.cirque-royal-bruxelles.be