Sonnfjord, de Braine à la Rotonde en passant par Hong-Kong

nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

C'est sur les cendres encore tièdes de son projet solo Jimmie Joy que Maria-Laetitia Mattern entamait il y a trois ans l'ascension de Sonnfjord. Le groupe qu'elle a monté avec son frangin Aurélio (Paon, Lucy Lucy!) tient le haut de l'affiche d'une des Nuits Bota aujourd'hui – une jolie Rotonde ce lundi, d'ores-et-déjà remplie – et leur excellent "Lights" n'a cessé de truster la bande FM depuis sa sortie. Un rêve jadis fomenté dans sa chambre d'ado brainoise qui se réalise au terme d'un long chemin, jalonné d'un premier EP en 2015 ("Up The Wooden Hills"), d'un titre qui porte chance l'été dernier ("Dust And Shapes"), d'un heureux rebondissement et, depuis vendredi, de leur second EP "City Lights".


Accompagnée par son frère Aurelio (Paon, Lucy lucy) au clavier, François de Moffarts (second leader de Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérome Van den Bril comme second à la guitare sur scène et Fabio Zamagni à la batterie (Noa Moon), la demoiselle pose sa voix sur des mélodies pop évidentes, entre mélancolie et énergie, modernes, électroniques mais néanmoins organiques grâce à l'utilisation d'instruments (jusqu'au claps!).


Comment as-tu mis le pied à l'étrier musical ?

J'ai commencé à composer suite à une invitation d'Aurélio, qui m'avait convié sur scène pour chanter un morceau de Lucy Lucy. C'était vers 2008-2009, j'avais 17 ans. Waow, ça va fait dix ans… ça me paraît vieux. J'identifie cet événement comme le point de départ, mais ce n'est qu'à moitié vrai puisque je m'intéressais à la musique depuis longtemps… J'avais écrit quelques trucs dès l'âge de douze ans déjà, mais ça n'avait pas continué ni débouché sur quoi que ce soit. Donc cette expérience de la scène avec le groupe de mon frère a été l'élément déclencheur, celui qui m'a définitivement donné envie d'en être, surtout quand je voyais tout ce petit monde de la musique en Belgique… L'ambiance avait l'air chouette, ils avaient l'air de bien s'amuser.

Et, maintenant que tu y es ?

Oui oui, c'est toujours le cas, les gens sont sympas (rires).

Comment le projet Sonnfjord s'est-il dessiné ?

Aurélio et moi habitions encore chez nos parents, donc je lui ai montré ce que j'avais écrit, fait écouter quelques trucs à moi pour qu'il puisse me donner son avis et me conseiller. C'est clair que ce je lui dois beaucoup. Il a été le point de départ de mes propres compos, que je lui soumettais chaque fois que j'en tenais une nouvelle… Et c'est d'ailleurs toujours vers lui que je me tourne aujourd'hui.

Puis le groupe est né...

A un moment donné, à mesure que des morceaux se dessinaient, Aurélio m'a proposé d'appeler quelques-uns de ses copains musiciens pour essayer de faire autre chose que du guitare-voix et de tester un morceau en groupe. Dès la première répétition, ça a bien cliqué avec mon frère au clavier, Fabien aux baguettes et François à la basse. L'équipe n'a plus bougé par la suite, mais elle s'est agrandie avec l'arrivée de Jérôme comme guitariste. A l'époque, certains m'ont dit, à raison, que Sonnfjord c'était un peu les musiciens de Lucy Lucy! avec une chanteuse, mais aujourd'hui on ne voit plus du tout ça comme ça et c'est devenu un groupe à part entière.

Qui d'ailleurs n'a rien à voir avec Lucy Lucy! d'un point de vue esthétique et ne partage avec feu-la formation brabançonne que l'essence pop et le sens du gimmick... Comment se passent les débuts ?

Ça a commencé vraiment en 2015, avec nos premiers petits concerts. On a sorti un EP à l'époque. C'était le tout début de Sonnfjord, même si cela semble être un autre projet aujourd'hui avec le recul et le temps écoulé, ça a bien changé…

A l'été 2017 sort le single "Dust And Shapes", extrait d'un second EP imminent Mais l'intérêt d'une major pour le projet et une signature en bonne et due forme qui se profile à l'horizon font ralentir la machine et retardent la sortie.

Il y avait ce disque supposé sortir l'an dernier, qui était prêt, quand on a été approché par Sony. Cela a été une discussion sans pression, très ouverte... Ils trouvaient que le EP avait beaucoup de potentiel, et sont arrivés avec des questions… Ils nous ont proposés d'attendre un peu, de prendre le temps de retravailler certains arrangements, de peaufiner l'un ou l'autre morceau pour qu'ils aient plus d'impact à leur sortie. Et, au final, c'est une décision que nous sommes vraiment contents d'avoir prise.

Comment vous appréhendez ce gros été qui se profile ?

Au final, je crois que je suis plus excitée que stressée. C'est sans doute dû au fait que nous sommes une équipe assez forte maintenant, et que j'ai vraiment l'impression de pouvoir faire confiance et m'appuyer sur mes musiciens sur scène… Je les trouve très rassurants, j'ai l'impression qu'ils pourraient rattraper n'importe quelle situation, rien n'est jamais vraiment grave.

Quels sont les avantages/inconvénients de travailler avec son frangin ?

On va commencer par le positif… Le plus gros avantage, c'est notre complicité avec Aurélio depuis qu'on est tout petits. On communique beaucoup, on se connaît très bien, on se comprend très vite, et j'ai un peu l'impression de bosser avec mon meilleur pote. En général, on ne laisse pas les choses traîner, quand il y a quelque chose on en parle (…) Mais, par contre, j'ai je crois moins de recul par rapport à lui que par rapport aux autres membres du groupe. C'est mon frère, je n'ai pas envie de le décevoir… A part ça, ça va, il me flique un peu parfois c'est vrai.

Et ça ne fait sans doute que commencer...

Je vais devoir être très discrète (rires). C'est sûr qu'il a un regard plus attentif sur moi, alors que les autres ne vont pas s'en faire outre mesure si je commence à faire n'importe quoi ou si je ne suis pas droite dans mes bottes. Mais c'est bien en même temps, ça m'aide à garder les pieds sur terre. Aurélio n'hésite jamais à me remettre un peu à ma place quand c'est nécessaire, c'est plutôt une chance ça. Mais c'est vrai que je n'avais pas pensé au côté chaperon en tournée, mince… (rires).

nicolas Capart

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