Musique / Festivals

Même si Lola Bobesco dirigeait du violon l’Orchestre de chambre de Wallonie, c’est un vrai plafond de verre qui saute : dès la saison prochaine, une femme, armée de sa seule baguette, sera chef permanent d’un orchestre belge. Comme on pouvait le pressentir après son récent succès dans "Jerusalem", Speranza Scapucci succèdera dès la saison prochaine à Paolo Arrivabeni à la tête de l’orchestre de l’ORW.

Réjouissant

Un événement réjouissant, tant pour le symbole que pour la qualité de la cheffe italienne, et ce même si elle a préféré renoncer au titre de directeur musical (qu’elle juge trop sujet à confusion avec celui de directeur artistique) pour préférer celui de "chef principal attitré". Egalité des chances ne signifie toutefois pas refus de galanterie : son âge n’est pas mentionné dans sa biographie officielle.

Scapucci dirigera dès la saison prochaine deux (nouveaux) spectacles à l’ORW : "Manon Lescaut" de Puccini en septembre (Stefano Mazzonis concluant ainsi un cycle Manon après celles de Massenet et Auber), et une "Carmen" en janvier. Arrivabeni, lui, reviendra en fin de saison pour un "Macbeth" mis en scène par le même Mazzonis, et avec une distribution de haut vol : Leo Nucci et l’excellente Tatiana Serjan dans les rôles-titre.

Une saison très latine

Les distributions restent d’ailleurs les éléments les plus alléchants d’une saison résolument latine (six opéras en italien - dont un allemand - et trois en français - dont un italien : Patrizia Ciofi et Gregory Kunde dans "Norma", Sonia Ganassi et Celso Albelo dans "La favorite", Anne-Catherine Gillet dans une belle rareté, "Le domino noir" (Auber, le retour), Jodie Devos en Susanna des "Noces de Figaro" confiées à Christophe Rousset et, pour "La Donna del Lago" coproduite avec le festival Rossini de Pesaro, une distribution digne de la mecque rossinienne (y compris Michele Mariotti à la direction musicale).

Peu de diversité

Verre à moitié vide, verre à moitié plein ? "Les parapluies de Cherbourg" avec Patrick Leterme, un "Orfeo" monteverdien en concert avec Garcia-Alarcon ou un concert de la soprano Jessica Pratt (autre pilier de Pesaro) n’y pourront rien : l’absence de tout opéra allemand, mais aussi tchèque, anglais ou russe déçoit un peu, saison après saison. Et Mazzonis a beau dire que le public peut aller écouter ces ouvrages dans l’Allemagne voisine, à la Monnaie ou à l’Opéra flamand, et qu’il "reste fidèle à sa philosophie qui est rentable jusqu’à présent" - assurément - l’amateur d’un peu plus de diversité dans ce menu certes copieux restera sur sa faim.

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