Musique / Festivals

C'est l'événement télévisuel le plus regardé aux Etats-Unis, et la compétition sportive la plus populaire à l'échelle du globe. 

Dans la nuit de dimanche à lundi, sept foyers américains sur dix regarderont la 52e finale du championnat de football américain (NFL), en direct depuis l'U.S. Bank Stadium de Minneapolis, qui opposera les New England Patriots aux Eagles de Philadelphie. Pour un total de 100 millions de paires d'yeux attentifs… ou pas.

Le "King" de la magie

Depuis des années déjà, c'est en effet lors du spectacle de la mi-temps que l'audimat est le plus important (plus de 120 millions de téléspectateurs durant cette petite quinzaine de minutes), ledit match étant regardé par un public qui d'ordinaire ne s'intéresse pas à la compétition et se raccroche donc volontiers au passage à mi-chemin de stars qu'il connaît davantage. Une exposition exceptionnelle, pour laquelle les artistes acceptent généralement de se produire sans percevoir de cachet. Bruno Mars ou encore Beyoncé ont ainsi enregistré des hausses spectaculaires des ventes de leurs nouveaux albums respectifs et annoncé leurs tournées dans la foulée de leur prestation. Pour ce cru 2018, c'est Justin Timberlake, habitué des lieux, qui s'y colle à nouveau.

Jusqu'au année quatre-vingt, le spectacle offert durant la pause du Super Bowl était très différent de ce que l'on connaît maintenant. Avant 1988, des fanfares collégiennes ou universitaires assuraient le spectacle, toujours coloré, théâtral, gigantesque et grandiloquent. Une rien ringard aussi, et un peu dans l'esprit de celui des Jeux olympiques. La 23e finale du nom, organisée du côté de Miami le 22 janvier 1989, marqua un tournant dans l'histoire de l'événement. Imaginé par le magicien Dan Witkowski, et mené de la tête et des épaules du danseur Alex Cole (qui dût s'improviser "King" suite au forfait de dernière minute du véritable Elvis Presto), cet "halftime show" fantasque, rococo et interactif mit en scène le plus grand tour de cartes à jouer de l'Histoire et laissa une empreinte indélébile dans toutes les mémoires.


Grâces et disgrâces de la mi-temps

Depuis l'entame des années'90, le Super Bowl s'est donc mis au diapason des feux de la rampe, de la musique business et des cotillons. Certains artistes ont ainsi fait les grandes heures – ou plutôt les grandes minutes – de la mi-temps. A cet égard, on se souvient surtout et avant tout du passage de Michael Jackson, le 31 janvier 1993, première star de cette dimension plus qu'internationale à être conviée au stade. Après avoir enchaîné les tubes "Jam", "Billie Jean" et "Black or White", Bambi ponctua ses treize minutes de pas chassés et de moonwalk au son de "Heal the World", repris à gorge déployée par quelque 3 500 enfants de toutes les couleurs. Une prestation exceptionnellement rémunérée sous l'insistance de feu le roi de la pop, qui versa l'entièreté du cachet – 100 000$ – à son association caritative du même nom.


D'autres ont aussi marqué la cérémonie, pour le meilleur mais souvent pour le pire (la mémoire retient les chutes, c'est bien connu). Si la réunion des ex-Destiny's Child Michelle Williams et Kelly Rowland autour de Beyoncé fut une réussite en 2013, nous ne pouvons en dire autant de l'infâme set des Black Eyed Peas en 2011, rythmé par quelques poses lascives d'une Fergie très à l'aise entre les omoplates d'un Slash (Guns'n'Roses) point trop à l'aise.



Il y eut aussi ce dérapage incontrôlé du patron Bruce Springsteen en 2009, qui n'en perdit pas pour autant le sourire ; l'oubli remarqué des paroles de l'hymne national américain en 2011 par Christina Aguilera, qui aura néanmoins assuré ; le majeur levé de M.I.A. en 2012 aux côtés de Madonna, qui lui valut d'être poursuivie par la Ligue pour compenser les pertes publicitaires engendrées ; enfin, last but not least, le fameux "Left Shark" de Katy Perry en 2015, danseur déguisé en requin qui groovait comme un crustacé et enflamma la toile.


Le tétonGate

Mais la plus célèbre anecdote du Super Bowl en la matière date sans aucun doute de 2004. Le fameux "nippleGate" ou "wardrobe malfunction", lorsque fut dévoilé par Justin Timberlake et inadvertance (vraiment?) le sein droit de Janet Jackson au terme de leur duo. A l'époque, les images pulvérisent tous les records de replay sur la toile. L'affaire fait grand bruit et aura des conséquences. A la suite de celle-ci, un délai de cinq secondes de différé fut imaginé pour éviter que ce genre d'incident soit retransmis à l'avenir. MTV, qui avait co-réalisé le "half-time show" de cette 38e finale, ne fut plus sollicité par la NFL pour les éditions qui suivirent. Enfin, l'idée de lancer un site web de partage de vidéos trouvera également son origine ici, puisqu'elle inspira le lancement de… YouTube à l'un de ses créateurs, Jawed Karim.