Musique / Festivals

On s’en doutait, il n’allait pas résister longtemps, ce cher Olivier Battesti, aux fourmis qui lui chatouillaient les jambes. Après trois ans de présence discrète dans les coulisses, le voici de retour sur scène pour "Super maman", le nouveau spectacle de Mamemo qui rend hommage aux mamans "Shiva" équipées de quatre yeux, six oreilles et dix-huit bras, sans quoi, bien entendu, elles seraient incapables de réaliser tout ce qu’elles font en une journée, en une vie, même. Nombreuses seront sans doute celles qui, entre les courses, le boulot et le pédiatre, emmèneront leurs chérubins au Théâtre Marni pendant le congé de Carnaval. Les autres pourront bientôt se rattraper, tant les programmateurs intéressés sont nombreux. Mamemo sera en tout cas présent aux Francofolies de Spa le 21 juillet et à Kidzik, le nouveau festival de chanson jeune public qui se déroule à la fin du mois d’août à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve, et qui, dès cette année, accueillera la sélection "Chanson à l’école". L’événement, toujours trop confidentiel, quitterait donc Namur et l’hiver pour se dérouler dans la foulée des Rencontres théâtre jeune public, histoire de drainer les programmateurs étrangers présents à Huy.

Revenons à nos super mamans. Sensible à une remarque qu’il a estimée justifiée, à savoir qu’il était souvent question des papas dans ses chansons, Olivier Battesti a choisi de rendre aux femmes l’hommage qu’elles méritent. Il en résulte un concert affectif, acoustique avec des bulles de cartoon pour le Mamemo animé qu’on connaît. Créé en 1998, ce personnage graphique poursuit son bonhomme de chemin, et plus de cent nouveaux épisodes de dix minutes en 3D sont déjà sur le métier.

Imaginé, comme tous les précédents, par Martine Peeters et Olivier Battesti, "Super maman" veille à transmettre le goût de la fête, de l’amour, de la tendresse et l’éternel besoin d’humour. Il sera également un tantinet plus "groovie", selon le désir de celui qui, voici plus de trente ans - en 1979 exactement - fonda Mamemo, groupe mythique en Belgique auprès du jeune public avec des incontournables tels que "Les bonbons" ou "L’araignée" qui seront repris dans le spectacle.

"J’ai assisté aux trois cents représentations de "J’arrive", la précédente création de Mamemo et Céline Struelens a bien trouvé sa place, mais la chanson me manquait physiquement. J’avais à nouveau besoin de la scène, et il y avait ce petit côté "groovie" qui me manquait. On peut donc maintenant envisager un nouveau trio. Pour ce concert, on réhabilite le steel pan (NdlR: des poêles en fer venues de Trinidad) comme dans "Le soleil est là", et Céline, qui chante aussi, en joue très bien, avec beaucoup de douceur. Marc Keyaert sera aux claviers et aux percussions et moi, je reviens à la guitare et au chant", nous dit Olivier Battesti qui avoue ne s’être jamais senti aussi libéré et être satisfait du résultat. Après plus de dix créations et trente ans de présence, en jeune public, il sait sans doute de quoi il parle.

Amoureux du nord de la Corse, où il passe deux mois par an, et de l’art contemporain pour lequel il court le monde, l’homme, heureux, se réjouit surtout du formidable succès de "Sources" dansé par son fils Nono et du concert RNB "Dina Bey" de sa fille Géraldine. Bon sang, dit-on

Bruxelles, du 9 au 12 mars au Marni; 22, rue de Vergnies. Dès 2 ans. Infos: 02.639.09.80 ou www.theatremarni.com ou www.mamemo.com.