Musique / Festivals Cinq ans, c'est le temps qu'il aura fallu aux Killers pour lâcher leur cinquième essai. D'où cette corne d'entrée de jeu qui semble battre le rappel des fans égarés, suite aux expériences en solo de certains membres du quatuor de Las Vegas. La rythmique tribale qui suit, la ligne de basse en écho, la guitare qui fourmille et enfin ce chœur imprécateur, tout concourt à ce que l'auditeur rejoigne, curieux, "Wonderful Wonderful", un album composite qui explore tous les recoins de leur pop-rock post-new wave, entremêlant les textures électriques et synthétiques tout en jouant la carte de la diversité.

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Car la plage titulaire, qui lorgne Depeche Mode, sonne aux antipodes de l'hymne à l'homme qui suit, "The Man", morceau funky en diable taillé pour la piste de danse, où le chanteur Brandon Flowers jette un regard amusé sur ses 20 ans et ses tentatives de se conformer à l'image du mâle adulte qu'il avait alors.



 Le disque est surtout traversé par les préoccupations actuelles de ces quadras frais émoulus (Flowers excepté), avec cette envie de rester fidèle à leurs envies. Et de les partager: "J'ai juste besoin (d'une chanson de plus) pour que tu me comprennes", assène le chanteur sur l'élégant "Have All The Songs Been Written". Le groupe assume ses influences: DM (on l'a dit), Cure, New Order, Pil… apparaissent ainsi par endroits, comme sur le tonique "Run For Cover" ou le bluesy "Out of My Mind". Mention spéciale à l'élégiaque "Some Kind Of Love", qui offre un apaisement appréciable. Et force est de constater que cette nouvelle proposition des Killers, pilotée par Jacknife Lee (U2, Bloc Party, REM), est, hormis quelques passages plus convenus, mortellement enthousiasmante.