Musique / Festivals

Alors que le marché de la musique poursuit pied au plancher la révolution de ses modes de consommation, on a pu voir apparaître quelques curiosités ses dernières années. A l'instar d'un Kanye West par exemple, modifiant tant et plus son septième album – "vivant" et presque totalement dématérialisé – 'The Life of Pablo' jusqu'à se perdre dans les versions successives de certains morceaux. Caprice de star et perfectionnisme zélé que le "tout-au streaming" permet sans difficulté.

Mais voilà, les rockeurs sont peut-être un tantinet plus soupe-au-lait. Et sans doute aussi un peu moins dans la modernité. The Shins – ou plutôt James Mercer, auquel depuis quelques années se résume le groupe d'Albuquerque dans les faits – n'avaient rien contre la première version de leur dernier disque publié il y a moins d'un an. De notre avis aussi, "Heartworms" était un album plutôt réussi, assez pop, souvent psyché et plus porté sur la chose électronique pour une fois.


Dans la foulée de sa sortie, des versions alternatives des titres "Name for You" et "Cherry Hearts" ("flipped versions") ont émergé du cerveau de Mercer et sur la toile. Et, finalement, quelques mois plus tard, c'est toute la plaque qui subit un lifting et connaît la réincarnation. La nouvelle version est donc servie comme le sixième chapitre de la discographie de The Shins, plus synthétique que jamais et cette fois titrée "The Worm's Heart". Les pistes sont parfois difficilement reconnaissable, y subissent des changements majeurs. Là où, jadis, la mélodie prenait son temps, Mercer prend un malin plaisir à mettre un coup d'accélérateur. A l'inverse, l'homme change en accalmies et en douceurs les anciens tremblements (cf. "Cherry Hearts" par exemple). S'il ne révèle pas le plus grand des intérêts, l'exercice est périlleux et, au final, le résultat assez probant.


> 1CD (Columbia/Sony Music).

© D.R.