Thiéfaine, poignant

Sophie Lebrun Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Même lieu, même heure. Après l’Américaine Patti Smith jeudi, c’est le Français Hubert-Félix Thiéfaine qui, dimanche, a pris possession de la halle des Ardentes, de 20 à 21h. Pour un résultat similaire : un concert prenant, intense, électrique, qui marquera les annales du festival liégeois. Une prestation qui aura récolté une belle unanimité dans l’assemblée, y compris auprès de festivaliers curieux qui découvraient là l’auteur de “Lorelei sebasto cha”. Et auprès de certains jeunes venus avec l’a-priori “musique de vieux” (Thiéfaine a 63 ans et quarante ans de carrière – comme Patti Smith, qui a 65 ans).

Certes, point de touche dubstep ou r’n’b ici, ni de “buzz” préalable sur le net (mais on se souviendra tout de même que Thiéfaine a remporté deux Victoires de la Musique 2012...), ni même de mise en scène spectaculaire. “Juste” une voix puissante et expressive (qui bonifie avec l’âge), une plume étonnante (dense, sombre, écorchée), une impressionnante présence sur scène, et de solides musiciens pour corser le tout. Comme le dit une festivalière, “cela rappelle le concert d’Alain Bashung il y a quatre ans, ici”. C’est tantôt très rock (“Les dingues et les paumés”, “113e cigarette sans dormir”), tantôt plus mélodique (“La ruelle des morts”). On reste suspendu aux lèvres du Jurassien, quand il déballe, avec expressivité, l’inquiétant “Alligators 427”. Avant de se joindre, en rappel, au chœur qui accompagne “La fille du coupeur de joints”.

Côté parc, Rufus Wainwright, lui, peine à faire décoller l’assemblée. Le style, lyrique, romantique, orchestral, du dandy canadien, passe mieux en salle qu’en festival rock. A l’inverse du groupe électro M83 qui va suivre : bien en place, rehaussé par un beau lightshow et un tube en or (“Midnight City”), le concert des Français trouve son public. En attendant Cypress Hill qui mettra le point final au festival.

Rodrigo y Gabriela, eux, clôturent Les Ardentes côté cour. Un pari risqué, sur papier (de la musique instrumentale, interprétée par deux guitaristes). Pas de quoi faire vibrer une halle ? C’est méconnaître le tandem mexicain, doté d’une énergie et d’une virtuosité époustouflantes, virevoltantes, auxquelles le public répond en tapant des mains et en dansant. Dans une prestation aussi physique qu’artistique (Gabriela est montée sur ressorts), les guitaristes revisitent leur répertoire en compagnie d’un groupe de musiciens cubains dans un premier temps. Cela ne manque pas de piquant, mais rien à faire, c’est en duo qu’on les préfère.

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