Toi aussi apprends à communiquer avec des percussions

Reportage Valentin Dauchot Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals Le collectif belge Sysmo fêtera ses cinq ans d'existence avec un concert exceptionnel au Théâtre National jeudi soir. Plongée dans leur approche unique de la musique, qui allie improvisation, concerts et ateliers tous publics.

À peine arrivée, la petite quinzaine de personnes conviée au Théâtre National en ce début de matinée est installée sur la scène et disposée en arc de cercle. Certains invités sont musiciens, d’autres de simples observateurs, mais tout ce petit monde a été prié de prendre possession d’une paire de congas, un djembé, des maracas ou un tambour, et attend désormais les ordres du “directeur”.

Les lunettes solidement visées sur le crâne, la barbe mal rasée, Augustin de Bellefroid explique alors à l’assistance comment il va procéder. “ Dès que je joins mon pouce et mon index, vous me faites tous un son court” – BAM – “ Lorsque je lève la paume de ma main vers le haut, vous me faites un son long et continu” – Tacatacatacatac. Timidement installés derrière une cloche, nous voilà entrain de taper sur ledit instrument avec une baguette. L’ensemble pourrait sembler cacophonique, mais curieusement, il s’en dégage rapidement une cohérence, et même, un certain sentiment d’unité. Bienvenue dans l’univers du “rythme signé”.

© Sysmo

Une technique née en Argentine

Créé en Argentine il y a quelques années par le compositeur Santiago Vazquez, ce langage gestuel est à la base d’une nouvelle forme de communication, universelle et immédiate, qui permet de composer de la musique de manière instantanée. “Cela permet d’exploiter au maximum la créativité issue de l’improvisation” explique Augustin de Bellefroid qui a importé cette technique en Belgique en 2012 et créé le collectif “Sysmo”. “Dans un premier temps, je demande à chacun de proposer un rythme. Quand les personnes commencent à maîtriser les signaux de communication, je leur demande de faire des propositions groupées. Chaque groupe d’instrument se met d’accord et propose un rythme commun. Et quand tout cela fonctionne, on peut lancer des sections qui jouent de manière autonome, sous le contrôle relatif du directeur qui fait office de chef d’orchestre.”


Un autre mode de communication

“Ce faisant, on ne joue jamais la même chose et chacun est amené à produire des rythmes qu’il n’avait pas du tout anticipés, sous l’influence de ce que produit le groupe” ajoute Augustin de Bellefroid. Les éléments les plus aguerris et les musiciens professionnels qui cherchent de nouveaux modes de création se produisent sur scène une fois par mois avec “Sysmo”.

À côté, le collectif organise des cours et divers ateliers qui comptent désormais près de 130 élèves réguliers à Mons et Bruxelles. Une démarche importante “car le langage signé a une très grande portée pédagogique” insiste le directeur. “Au-delà de l’intérêt musical, l’accent est mis sur le groupe. Cela permet de travailler la confiance, l’écoute, la concentration et l’interaction. C’est un mode de communication alternatif qui fonctionne par exemple très bien avec les personnes atteintes d’autisme, auxquelles certains ateliers sont consacrés.

© Sysmo


Reportage Valentin Dauchot

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