Tomorrowland, festival du futur

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

Il était une fois, du côté de la belle Anvers, un pays enchanteur où le bruissement du vent dans les feuillages et le murmure de l’eau se mêlaient harmonieusement aux grondements des basses rutilantes échappées des speakers. Tomorrowland, une nation éphémère sous la bannière électronique.

Un méga-événement hors norme qui, de son édition initiale à la 8ème de ce week-end, est passé de 10 000 spectateurs curieux à plus de 180 000 visiteurs assidus qui ne manqueraient ce rendez-vous pour leur propre mariage.

Celui-là nous vient tout droit d’Australie et vient de se farcir 22 heures de vol pour un week-end qui lui coûtera la modique somme de 2 000€. Mais il se devait d’être là, et arbore son plus beau sourire. Désormais, ils sont d’ailleurs près de 40% de festivaliers étrangers à faire le déplacement jusqu’ici chaque été, issus de 75 patries à travers le globe.

Outre la grande roue, le saut à l’élastique, les feux d’artifice, les machines à bulles, les fontaines, les hélicoptères qui balancent des confettis, la "Love Church" (où ces messieurs-dames peuvent s’envoyer en l’air en 10 minutes chrono, NdlR) et les décorations fantasques qui ornent les scènes de ce site hallucinant, le spectacle débute dès la lecture du line-up qui, de la légende Richie Hawtin à la starlette David Guetta, en passant par l’affreux Skrillex, les vétérans Carl Cox, Fatboy Slim et Dave Clarke ou encore le clan Swedish House Mafia, regroupe ce qui se fait de mieux - ou en tout cas de plus cher - en matière de DJ’s internationaux.

Le "pays de demain" est une autre planète, nous n’allions pas tarder à nous en rendre compte. Une fois n’est pas coutume, dès notre arrivée au centre de presse, on nous accueille avec une collation et des rafraîchissements. Le soleil tape sur Boom et nos hôtes sont prévenants. A tel point qu’on nous offre un guide pour le tour du propriétaire.

L’endroit est tellement vaste, cela semble nécessaire. Nous voilà partis à la découverte de ce festival qui fait tant fantasmer dans les pas d’un habitué. "Ici, à Tomorrowland, ce qui fait la différence, c’est le souci des détails" lance d’entrée notre meneur souriant au fort accent de Vondel, avant de conclure avec tout le sérieux du monde: "par exemple, dans les mojitos, nous avons des glaçons en forme de papillons".

Tout est étonnant ici, même cette introduction. Un G.O. détendu et sympathique qui répond à nos moindres questions et déballe, en bon petit soldat, une litanie de chiffres qui ferait pâlir tous les professionnels du secteur. "Nous avons été virtuellement sold out en 1 seconde, puisque 2 millions de clics ont été envoyés instantanément sur notre serveur dès la mise en vente de tickets en ligne." Le rêve de tout organisateur.

Puis, il poursuit: "Un peu partout, nous avons installé des caméras capables de calculer la densité de personnes au m². Dès qu’un axe est trop fréquenté, nous modifions la circulation des festivaliers en installant des sens interdits et des déviations. De plus, il y a deux entrées principales. Cela permet de ne jamais se sentir oppressé, le confort est primordial ici."

Les statistiques fantasmagoriques continuent de déferler. Cette grand- messe électronique dispose d’un site gigantesque et naturel, sorte d’immense parc traversé de plans d’eau, dont les 16 podiums sont reliés par 9 kilomètres d’allées, pour la plupart "en dur".

Erigée face à une vallée de verdure dont le moindre brin d’herbe est allègrement piétiné par 40 000 clubbers permanents, la grande scène est la véritable attraction des lieux.

"La Main Stage fait 120 mètres de long et 138 tonnes. Il a fallu un mois pour en assembler toutes les pièces." Mais le résultat impressionne... Une sorte de vieille bibliothèque, ornée de chandeliers géants crachant tantôt des flammes, tantôt des jets d’eau, au milieu de laquelle un vieux grimoire s’ouvre pour découvrir un visage qui s’anime et nous narre le parcours de chaque DJ à venir. Bienvenue au pays de la démesure.

Partout ça danse et les corps sont dénudés. Malgré l’affluence des bellâtres bodybuildés, rares sont les combats de coqs à en croire notre hôte. "L’ambiance est toujours bon enfant, les gens sont là pour s’amuser. Si la musique s’arrête sur le site vers 1h, dans le camping la fête se poursuit toute la nuit. Puis, le matin, un boulanger prépare le déjeuner et l’on fait jouer des gazouillis d’oiseaux. L’odeur et les cui-cuis, ça apaise les tensions" conclue-t-il satisfait.

Tout avait donc été pensé, et il ne restait donc plus qu’à danser...

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