Musique / Festivals

Le jour s'est couché sur cette troisième et dernière journée de Tomorrowland, et il ne reste que quelques heures de danse et d'euphorie aux festivaliers. Mais les plus fanatiques reviendront ici-même la semaine prochaine, pour entamer la seconde mi-temps. Premiers constats... 

© BELGA
± Top : Hip Hop partout, Justice nulle part

Si le rap est de plus en plus présent à tous les étages de la vie musicale et truste désormais touts les affiches de festivals d'été, le genre faisait son entrée officielle par le grande porte cette année à Tomorrowland. En plus d'entendre résonner des remixes – et même les versions originales – des tubes de Cardi B ou de feu-XXXtentation, des artistes de la scène rap tels que la diva anversoise Coely (notre photo), l'Américain qui buzze Lil'Pump, le prince de l'afrotap français MHD ou encore le emcee britannique à haute tension Scarlxxxd était conviés en bonne et due forme en cette 13e édition. Un constat dont on ne peut que se réjouir mais qui malheureusement s'avère être seulement une demi réussite à l'autopsie. Car si l'ami Pump était parvenu à attirer à lui une foule de taille honnête, et si la jolie Coely jouait presque ici en famille, le parterre qui se dressait face à l'Anglais dernier cité était tristement disparate. Lui qui nous avait retourné le cortex à Dour pourtant… Mais il faudra sans doute un peu de temps pour changer les habitudes des clubbers, car ici les rythmes électroniques restent une religion.

© BELGA
+ Top: Organisation 5 étoiles

Tomorrowland a beau s'étendre sur un site gargantuesque de 45 hectares (!) et la longueur de deux week-ends... Le festival superstar a beau accréditer des centaines de journalistes tous azimuts et des visiteurs venus des quatre coins du monde… Affréter des avions spéciaux estampillées "Tomorrow" (seuls les Diables Rouges, Tintin et la grande kermesse de Boom ont droit à leur zinc perso en Belgique) et gérer les flux d'arrivants dans toutes les gares et aéroports du plat pays... A chaque fois c'est le même contat : organisation parfaite, au millimètre près. Et pas besoin de jouer les gros bras ou l'autorité, au pays des clubbers bisounours, chacun arbore son plus beau sourire pour demander et personne ne répond autrement. Ainsi, nous avions oublié le fameux système des sens interdits dans les allées du festival. Des caméras habilement planquées dans les tulipes géantes en papier maché calculent en continu la densité de festivaliers qui circulent dans le parc De Schorre. Quand une voie semble semble bientôt encombrée, les panneaux changent et le sens de la circulation s'inverse. Une ingénieuse façon de procéder mais aussi potentiellement une situation qui pourrait énerver, d'autant qu'ici on n'épargne pas nos pieds. Mais non… Chacun bifurque sans sourciller, dans la gaieté… Les gens sont heureux en cette contrée.

© BELGA
- Flop : les voies du commercial sont impénétrables

C'est évidemment ici que le bât blesse. Au pays de demain, l'EDM demeure roi et, après trois jours de vacarme permanent, nos écoutilles accusent le coup. C'est d'ailleurs un autre bémol que l'on pourrait mettre en avant. Malgré les mensurations outrancières de ce parc effervescent, il s'avère quasiment impossible de trouver une cachette où se mettre à l'écart des décibels ne serait-ce qu'un instant. Situation d'autant plus difficile à gérer lorsque les faiseurs de sons en fonction, ceux-là même qui se succèdent aux commandes de la fantasmagorique Mainstage de Tomorrowland – mais pas seulement – , font davantage dans la soupe commerciale que la mélodie digitale. Plus encore qu'il y a quelques années, cela nous a semblé compliqué de trouver une scène où perdurait l'exigence et la qualité. A quelques exceptions près. Surtout lors de la seconde journée, un peu moins en ce qui concerne celle qui va bientôt s'achever… Et avec elle, ce premier week-end au pays merveilleux des décors Disney et des pas chassés.