Tomorrowland

3 jours de festival, de folies et d’indiscrétions. 5 raisons de ne pas (ou plus) aller au pays de demain, selon nos confrères de la DH.

Sexe, drogue et alcool semblent être le lot de nombreux festivals. À Tomorrowland, les festivaliers saisis sont interdits de festival à vie pour détention de stupéfiants. Quant aux stars des platines, selon nos sources, ils ont des demandes assez particulières avant de monter sur scène. Outre l’excentricité de Steve Aoki avec ses tartes à la crème, canots gonflables, bouteilles de vodka et on en passe, on apprend que le duo belge Dimitri Vegas&Like Mike demande 24 packs de 6 bouteilles de Cava pour arroser les foules (mais du Dom Pérignon et Veuve Clicquot en consommation personnelle). Sans oublier des barres protéinées et, cette année, des injections de cortisone pour alléger leurs blessures (avant le week-end, Dimitri souffrait d’une infection à l’oreille et son frère du dos).

Festival de riches

Outre le merchandising (de la tétine de bébé à 10 euros au pendentif à 85), son ticket d’entrée (105 euros par jour pour le moins cher et sans camping… 35 euros il y a 10 ans), les dépenses moyennes d’un festivalier sur place (4 euros la bière, 7 euros la portion de frites…) montent vite au-dessus de la barre des 50 euros par jour. Alors à moins de s’appeler Julie Taton (visiblement invitée par Brussels Airlines selon son compte Instagram), d’être un Diable Rouge (même si Daniel Van Buyten et consorts auraient déboursé 7000 euros pour avoir un accès VIP), le quidam fan d’électro ne peut se payer pareil festival. Mais toute fête a un coût et il faut bien la rembourser d’une manière ou d’une autre…

Desperados, qui détient sa propre scène, aurait payé un million d’euros pour simplement avoir sa marque sur le site. On imagine alors que d’autres sponsors (et certains médias partenaires) ont, sans exception, dû mettre la main au portefeuille pour se fondre dans le décor.

350.000 euros par set pour David Guetta

On comprend mieux pourquoi les dj’s se baladent en jet privé, grosse Lamborghini ou sont entourés des plus jolies poupées vu que les infos de Het Laaste Nieuwsparues en 2014 se confirment, à peu de chose près. Même si ces montants comprennent souvent leur déplacement, hôtel… on parle de 300.000 à 350.000 euros pour David Guetta par set.

300.000 euros par heure pour Hardwell, dix fois plus qu’Yves V. Environ 150.000 pour Dimitri Vegas&Like Mike, 120.000 pour Steve Aoki et Armin Van Buuren. Alors que certains jouent pour à peine 1.500 euros voire même… gratuitement. “D’habitude, je demande un certain cachet”, confie un dj qui préfère rester anonyme. “Mais comme Tomorrowland est la meilleure carte de visite au monde, je joue pour rien.” On aurait même proposé 650.000 euros à Calvin Harris (le seul dj star absent) mais l’Écossais a refusé car il préfère jouer à TomorrowWorld, aux USA, meilleur marché pour (et selon) lui. On a beau appeler ces dj’s les nouveaux “Dieux de la musique”, tout ce pognon ne semble pas très catholique…

De Tomorrowland à… Yesterdayland

“Ils se croient tout permis financièrement !”, déplore un festivalier de la première heure (Bertrand y vient depuis 9 ans !) qui a même failli ne pas avoir son sésame cette année, victime du succès. “C’est cela qui m’ennuie. Ils ont trouvé leur manière de fonctionner, en s’en contentant, mais n’évoluent plus du tout.” Le jeune homme prenant pour exemple que, seule, la Main Stage change réellement chaque année. “Même si elle en met toujours plein la vue, j’ai vu la même chose l’année dernière et entendu les mêmes beats formatés. À force d’augmenter leurs prix mais pas leur offre, rien ne justifie cette constante augmentation, à tous les niveaux.” De l’avis de nombreux habitués, le festival arrive tout doucement à saturation.

L’année de trop ?

Pour la plupart, les étrangers en tête, ce festival reste le saint graal avec son monde de rêve mais pour les habitués, il ressemble déjà à un Veni, vidi, (A) vicii après seulement 11 ans d’existence. “Où sont les vrais fans d’électro ?”, s’insurge un autre festivalier déçu. “On voit de plus en plus de personnes plus âgées qui veulent juste voir à quoi ressemble ce Disneyland des temps modernes.” Tiens, justement, la Main Stage avait des airs du château de la Belle au Bois dormant, hasard ou coïncidence ? Les aficionados déplorant cet “aspect parc d’attraction où tous sortent leur smartphone, histoire de faire des envieux mais qui enlève toute la magie des débuts au profit d’un business !”

Voilà donc (un peu) l’envers d’un décor à la mesure de sa démesure.