Musique / Festivals

Nous étions aux Francofolies de Spa ce dimanche, voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Ultratop : délicieuse Isolde

La configuration du groupe est déjà attirante en soi : avec une batteuse/chanteuse, trois cuivres, un clavier, une contrebasse et une guitare, "Isolde" sort du lot. Ajoutez à cela le fait que la Gantoise chante en français, passe du jazz à la Samba avec quelques incartades dans le rock et la Bossa Nova, et vous avez une petite idée de la richesse musicale de l'ensemble. Ancienne percussionniste de Daan (lui aussi flamand francophile à ses heures), la jeune femme s'est lancée en solo en reprenant quelques standards de la chanson hexagonale.

© Alexis Haulot

Aujourd'hui elle sort ses propres compositions - toujours en français - intégrées dans un univers musical riche qui s'autorise même quelques envolées "cinématographiques" certifiées sans texte. Tout cela pourrait être pénible en live au beau milieu de l'après-midi, mais la qualité des musiciens et le charme indéniable d'Isolde Lasoen sont largement suffisants pour remplir progressivement une plaine à moitié vide lors de son entrée en scène. Les gens se lèvent, s'approchent, la samba dédiée aux "Diables" fait le job, et Isolde nous fait vivre le beau moment musical de ce dimanche. "Merci pour être venus" lance la rouquine pour ponctuer sa prestation, un large sourire aux lèvres. Salukes en tot volgende keer.

Top/Flop : La scène "Pierre Rapsat"

La réorganisation du festival était indispensable, et la nouvelle configuration - soit la réunion de toutes les scènes sur un site unique - est plutôt bénéfique. Les festivaliers circulent davantage, très peu de groupes se produisent devant un parterre vide, et on sent clairement l'apparition d'une nouvelle dynamique. Seul bémol, la scène "Pierre Rapsat", qui peine à donner au public des têtes d'affiche un espace et une visibilité suffisants.

© Alexis Haulot

Comme nous le faisait judicieusement remarquer un collègue, on peut également regretter un certain manque d'audace dans sa programmation. Calogero et Francis Cabrel sont des valeurs sûres, Romeo Elvis a enfin fait entrer le hip-hop par la grande porte, et la plupart des shows sont propres, carrés et bien interprétés. Mais il manque ce grain de folie, l'un ou l'autre artiste singulier ou "risqué" capable de dynamiter une offre un peu trop évidente.

Top/Flop : Blanche VS Caballero et JeanJass

Après la grosse programmation rap de jeudi soir, les Francos ont eu la bonne idée de jouer les prolongations en conviant les amis Caballero et JeanJass ce dimanche. Bien que les deux affreux viennent tout juste de se produire dans d'autres gros festivals wallons, nous nous attendions à les voir débouler devant une audience pleine à craquer. Sur le coup de 18h, le parterre qui s'étend devant la scène "Proximus" est pourtant moyennement garni. Les jeunes festivaliers installés au premier rang sont réceptifs, mais le concert peine à décoller, et passe sans doute à côté du plébiscite que l'on avait imaginé.

© Alexis Haulot

En réalité, le public s'est massivement déplacé quelques dizaines de mètres plus loin devant le concert de "Blanche". Passée par "The Voice" et l'Eurovision, Ellie Delvaux (19 ans) possède un grain de voix singulier, à classer dans la même catégorie que celui de sa collègue Hannah Reid (London Grammar). Mais sa timidité la dessert, et la jeune femme peine à s'imposer sur scène. Dommage, voilà une artiste prometteuse.