Musique / Festivals

Nous étions aux francofolies de Spa ce samedi, voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Top : Le huitième groupe et les années 80

Voilà une formation merveilleusement anachronique. Avec son saxophone, ses lignes de basses funky et son phrasé mi-rappé, mi chanté, le "Huitième groupe" s'inscrit directement dans le mouvement incarné par les Red Hot Chili Peppers dès le début des années 80. Les six musiciens qui s'agitent sur scène avec un large sourire proposent un funk/rock aussi désuet que jouissif, et assument pleinement ce curieux "revival" musical.

© Elena Briale

Cette "différence" cultivée ici dans le sens le plus positif du terme puisque "le huitième groupe" réunit exclusivement des musiciens issus de l'asbl "Le huitième jour" dont des artistes en situation de déficience intellectuelle légère à modérée. Pascal Duquenne, aux percus et plus sporadiquement au chant, est sans doute la personnalité le plus connue du groupe, qui a toutefois l'excellente idée de ne pas surjouer sur sa présence. La belle initiative… et la belle surprise musicale de ce début de journée.

© Alexis Haulot


Top mais débat : Typh Barrow sur la grande scène

Typhène a bien grandi. Pour ses quatrièmes Francofolies, la chanteuse bruxelloise s'est offert la scène "Pierre Rapsat" à une heure de grande écoute. La consécration est annoncée, et une très large audience est d'ailleurs réunie dans les environs de la place royale. "Raw", son dernier album, a été bien accueilli. Son duo sur scène avec Maurane quelques heures avant la disparition de la chanteuse a logiquement marqué les esprits, et voilà Typh Barrow dotée d'un tout nouveau statut. Pour donner le change, Typhène a eu l'excellente idée de bien s'entourer. Ses musiciens sont solides, et impriment d'emblée une trame sonore suffisamment puissante pour répondre aux exigences d'une grande scène.

© Alexis Haulot

Un rien stressée, la chanteuse fait une entrée remarquée derrière les claviers et dévoile rapidement son principal atout: sa voix. Impeccable vocalement, la jeune femme fait le show, passe du synthé au piano et tente le bain de foule. En apercevant BJ Scott à quelques mètres de nous, on se demande finalement si la seule chose qui manque ne serait pas un peu de vécu, une niaque héritée des expériences de la vie et la scène. "Vous posez une question ou vous voulez donner votre avis ?" nous lâche BJ, proche de Typh Barrow et un rien agacée, lorsque nous l'interpellons. "Moi je trouve qu'elle est super"…. "Elle est souvent comparée à Amy Winehouse (dont elle reprend Back To Black en medley), n'est-ce pas un peu risqué ?" "Amy Winehouse a son identité, Typh Barrow a son identité. Ce sont deux choses différentes. Pour moi elle a tout ce qu'il faut… Pour quel média écrivez-vous ?"

Top : Tim Dup, poète sensible

Un rien effrayés, nous filons rapidement jeter un œil aux énergiques "Monday Penny" avant d'aller juger sur pièce l'ami "Tim Dup". Programmé sur la scène proximus, le Français de 22 ans semble un rien seul derrière son micro et ses claviers. Mais le petit prodige à la plume délicate et aux beats soignés impose directement son univers très personnel.

© Alexis Haulot

Tout jeune, le bonhomme a l'audace d'allier chanson à texte et musique électronique, dans un ensemble aussi réussi qu'unique. Malheureusement pour lui, il y a sans doute trop de passage. Nous le verrions fort bien sur la scène "Sabam" l'année prochaine, dans une ambiance plus bucolique.