Musique / Festivals

Le bilan de cette journée de samedi à Ronquières.


C’est un top festival

Ronquières 2018, c’est encore plus que Ronquières 2017, qui comptait 37000 festivaliers. Ronquières 2018, c’est 40000 personnes en tongs et panama, emballés à l’idée de se faire arroser par les pompiers de la commune, car l’organisation du Festival connaît quelques problèmes dans l’approvisionnement en eau.

Ronquières 2018, c’est tout un public qui sautille de bon cœur à l’invitation de Cabellero et Jeanjass. « Sautez et tenez pendant 20 secondes... ». « D’accord », a l’air de répondre la plaine amusée, sous le soleil.

Les injonctions joyeuses et impératives du duo ( « c’est dégueulasse ! »; « bonne chance b » ; «arrête de râler, Ronquières ») se succèdent, pour le plus grand plaisir du public festivalier. On ferait tout faire et tout répéter à une foule de bonne composition.

C’est un autre top : Asaf Avidan

Et alors qu’on ne s’y attendait pas du tout, on se fait surprendre par la proposition musicale de l’après-midi. L’israélien Asaf Avidan entame un set face à une scène « babord » qui papote en sirotant du liquide dans son gobelet en plastique. Mais, bientôt, le sirotage devient une activité secondaire. La foule se tait à mesure que la voix hallucinante du chanteur remplit l’espace. Une voix toute à la fois rauque et dans les hauteurs, qui a souvent amené à la comparaison avec Jeff Buckley ou Janis Joplin.

Une voix hallucinée, aussi, qui semble frôler les ailes des anges dans le ciel, lors de certains passages d’un chant devenu presque religieux. Un chant peut-être livré aux dieux qui surveillent le ciel de Ronquières du coin de l’œil.

Très inspiré instrumentiste, Avidan se lève pour se déchaîner sur ses tambours. Dégaine des instruments rigolos. Et, quand il l’a décidé, nous pousse aux larmes. Avec « Reckoning song », la foule stupéfaite entonne les paroles laissées vierges par l’artiste, les filles caressent leurs cheveux, les groupies d'Asaf font des photos dans tous les sens pour leur Instagram, et les mecs, eux, ne savent pas bien s’il faut rire ou pleurer. Respect Asaf.

Et avide envie de revoir Avidan plus tard sur scène dans l’année.

On avoue : Loïc Nottet, ce n’est pas n’est pas notre top à nous

« Je suis un peu triste, c’est la dernière fois qu’on se voit… Mais on va revenir avec un deuxième album… ».

Loïc Nottet parle à sa foule amoureuse. Le public de Ronquières, familial notamment, est venu voir la jeune gloire belge qui monte.

Mais peut-être qu’il parle beaucoup, Loïc ? Peut être qu’il est ému, Loïc ?

Si parfois les chorégraphies sur scène sont hasardeuses, c’est parce qu’il est est fort chaudement habillé, Loïc, pour les 34 degrés de saison, et c’est parce qu’il est toujours difficile de chanter et de danser en même temps - alors avec un pull, imaginez. Ce qui n’empêche pas le jeune homme au visage de Peter Pan de relever le défi, entouré de danseurs élastiques. Le sourire leur barre le visage, à tous. Et le public le leur rend bien. La pluie d’applaudissements ultime passe au-dessus, même, du plan incliné de Ronquières.

A demain pour la suite des aventures de Ronquières 2018.