Musique / Festivals

Nous étions à Tomorrowland ce vendredi 27 juillet. Voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Top : le nuage de 16h30

Avec plus de 36 degrés au compteur, ce vendredi 27 juillet était l'une des journées les plus chaudes de l'année. Pour une fois, l'assistance bodybuildée de Tomorrowland avait donc une réelle raison de parader le torse nu et le short court. Si ce n'est que sous un tel cagnard, impossible de rester exposé. Au beau milieu de l'après-midi, les scènes couvertes sont bondées, dont l'excellent "Freedom Stage", où défileront les adeptes de la "Trance Music" tout au long de la journée. Dur dur en revanche, pour les artistes programmés en plein soleil, dont le public est - au mieux - apathique.

© James Arthur Gekiere

Quand surgit enfin un nuage un peu consistant, vers 16h30, on a donc le sentiment d'assister à l'apothéose d'une cérémonie Maya, dont les grands prêtres implorent le soleil de montrer une once de clémence. Tomorrowland respire, enfin, son audience implore un peu de répit, et peut cesser de se crémer la poitrine et les muscles saillants.

Flop : le grand juke box géant

Cet assouplissement climatique se produit en plein set des camarades de "Lowriderz" sur la "Pussy Lounge", où défilent régulièrement de chaleureuses danseuses. Les deux spécialistes de la "Hard Dance" incarnent assez bien une petite déviance de Tomorrowland: l'enchaînement des DJ sets. Le public est essentiellement là pour faire la fête, nombre d'artistes reproduisent donc sans cesse le même schéma : lancement d'un tube, montée de basse, et explosion. À tel point qu'on a le sentiment de se retrouver dans un grand juke box où défilent les hits du moment dopés aux basses.

Queen, Fatboy Slim, Prodigy, House of Pain et des centaines d'autres sont remixés à l'envi, sans oublier Avicii auquel de nombreux hommages sont légitimement rendus. Tout cela est sympathique mais sent la solution de facilité à plein nez, et manque cruellement de créativité.

Flop : les faux musiciens de Klingande

Fatigués par l'avalanche de basses grasses, nous émergeons devant le show de "Klingande" sur la scène "Organ of Harmony". Grossière erreur… La House dansante du duo français est aussi inepte que sympathique, mais les deux amis nous font le coup des faux musiciens disposés sur scène. Le batteur ne sert à rien, le saxophoniste passe à la limite, et le violoniste massacre la reprise de "Right Here, Right Now" de Fatboy Slim. Finalement, le meilleur passage du set arrive quand le son se coupe - sans que le DJ ne s'en rende compte - pour revenir 5 minutes plus tard. Autant aller voir directement Bakermat, ou mieux - Parov Stellar - que de subir cette imposture.

Top : Cherry Moon, bourrins assumés

Quitte à "bourriner" autant l'assumer… Quand les deux gaillards du "Cherry Moon" - club mythique de Lokeren désormais fermé - font leur entrée sur la Main Stage, le public sait exactement à quoi s'attendre: une rétro house aussi basique qu'incroyablement efficace et dénuée de samples enregistrés à la va-vite. Malheureusement, le public international ne connaît pas et se montre assez peu curieux. Les drapeaux disparaissent, et le public - essentiellement flamand - s'en donne à cœur joie en levant la main sous une averse salvatrice. LE concert jouissif de ce premier après-midi qui nous offre des passages de "Crystal Method" et "Darude", avant de céder la place aux grands chefs de ce soir, soit Armin Van Buuren, Rodhad, Âme, Axwell Vs Ingrosso et Underworld.