Musique / Festivals Nous étions sur la plaine de Werchter ce jeudi après-midi. Voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Top/Flop : Le gigantisme des lieux

Rock Werchter est la patrie du gigantisme : la scène, l'affiche, la plaine… Tout est plus grand que n'importe où ailleurs. Même les tentes du KluB C et The Barn sont immenses. Quand il pénètre sur ce territoire sacré et exceptionnellement bien organisé, le festivalier prend donc logiquement une petite claque. La majestueuse scène principale domine une zone immense, le sable massivement répandu sur les zones de passage après l'orage d'hier soir donne l'impression d'assister à la plus grande "Beach Party" du monde, et chacune des 80.000 personnes présentes sur place a le sentiment de se retrouver dans un lieu spécial.

© JC Guillaume

Pour l'ambiance, en revanche, on repassera. Passé 14h, des centaines de personnes dorment dans les rares coins d'ombre. Les premiers groupes qui se produisent sous tente ont du mal à s'imposer, et le moindre morceau calme rivalise avec le brouhaha qui s'installe systématiquement dans l'assistance. Cela ne pose aucun problème aux artistes "lourds". C'est nettement plus compliqué, en revanche, quand l'Américano-colombienne Kali Uchis tente d'installer son univers soul et glamour, ou lorsque Steven Wilson délaisse sa guitare pour s'installer aux claviers. L'intimisme a parfois du bon, mais il y a trop de monde pour cela dans les environs.

Top : le flow de Little Simz

Sur le coup de 16h, le KluB C est à moitié vide. Mais Little Simz a le flow rapide, et les quelques centaines de festivaliers bien inspirés d'avoir pointé le bout de leur nez se dandinent à n'en plus finir. Adoubée par Jay Z, Gorillaz et l'ami Kendrick Lamar himself, la Londonienne a la simplicité touchante et le rap vrai, magnifiquement instrumentalisé dans un univers tantôt urbain, tantôt reggae/pop. Le petit bonheur simple de ce début de journée.

© JC Guillaume

Top : Le grand retour du rock'n'roll et de Black Rebel Motorcycle Club

Le rock est mort, enterré, repoussé à des années lumières de la majeure partie des festivaliers. Ce jeudi, à Werchter, il souffle pourtant un vent d'électricité. Les T-shirts sombres sont de sortie, les nostalgiques du grunge attentent impatiemment "Alice in Chains", et The Barn a pris la liberté d'enchaîner "Steven Wilson", "Black Rebel Motorcycle Club" et "At The Drive In". En matière de disto bien sentie, on a vu pire.

© JC Guillaume

Si le Steve, toujours impeccable, a du mal à soulever les foules, il n'en est rien pour Black Rebel Motorcycle Club qui renoue avec la tension et la gloire du passé. Auteurs de trois albums mythiques, Robert Levon Been et Peter Hayes n'avaient rien sorti de correct depuis des années. Mais leur petit dernier laissait présager un certain regain de forme, et les motards au teint pâle ont fini par livrer LE concert de ce début de journée. Tout de cuir vêtus, les gaillards n'ont cessé de balancer de bons riffs. Enchaînant vieux hits rock'n'roll ("Spread Your Love", "Whatever Happened to My Rock'n'roll"), hymnes à la slide guitar ("Aint No Easy Way"), et nouvelles compositions inspirées. Le public, apathique, a enfin sautillé et donné vie au Klub C.

Rendez-vous d'ici quelques heures pour les Queens Of The Stone Age et Gorillaz.