Musique / Festivals

Nous étions à Werchter ce dimanche, voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Top: Le rap rauque de Post Malone

Décidément, le jaune canari est à la mode. Après Damon Albarn vendredi, c'est Austin Richard Post - Aka Post Malone - qui débarque en t-shirt couleur soleil sur la scène de "The Barn", dimanche midi. Le Texan de 22 ans est seul, devant son écran géant. Les beats, les refrains et les chœurs ont tous été préenregistrés et on redoute un temps une imposture. Mais le bonhomme a du coffre, un sourire jusqu'aux oreilles et une voix rauque assez inhabituelle. Ses punchlines survolent aisément tout le reste, et font danser une tente pleine à craquer. Sans aucun doute, le petit plaisir de ce début de journée.

Top/Flop: Kaleo, cover Band FM de Led Zep'

Les Islandais avaient annulé leur venue à Werchter l'année passée et viennent enfin honorer leur promesse. Sur papier, on nous vend les "Black Keys", un bon vieux Blues Rock à la sauce nordique. Et il faut reconnaître que les cinq garnements se donnent beaucoup de mal pour la jouer "old school", avec leurs longues tignasses et leurs barbes hirsutes. Musicalement aussi, l'ensemble tient la route, mais on a davantage le sentiment d'assister à un croisement entre "Mumford And Sons" et "Graveyard" qu'à une ode au Blues Explosion. Les riffs de guitare sont honnêtes et le batteur joyeusement déchaîné, mais l'ensemble manque d'électricité et d'idées. Tout semble calculé pour passer sur les ondes, au détriment de l'énergie brute et rock'n'roll qui élevait Led Zeppelin au rang divin, et dont l'influence est flagrante.

© JC Guillaume

Top: IDLES, le punk et la scène "Slope"

Nous découvrons enfin la scène "slope", dernière arrivée et toute petite sœur des trois autres, destinée à accueillir des groupes de taille plus "modeste". Idée simplissime, mais géniale, qui redonne un semblant de vie à un festival dont le gigantisme tue parfois l'ambiance et l'authenticité. Quand les cinq affreux de IDLES font leur entrée, on a le sentiment de vivre autre chose. La proximité avec le groupe et l'énergie dégagée par les punks de Bristol à moitié nus apportent une fraîcheur bienvenue, voire salvatrice.

© JC Guillaume

Top : Mark E. Everett n'est officiellement plus en Burn Out

Attention, Eels est de retour. "Je viens de sortir d'une dépression de quatre ans, mais je vais super bien" lance Mark E. Everett… "Quatre ans c'est trop long". Sa mine laisse penser le contraire, mais Eels joue d'entrée ses morceaux les plus électriques, et "Mister E" n'a jamais mis autant d'ambiance sur la grande scène. Excellent présage pour la suite, soit Nine Inch Nails, Nick Cave et les Arctic Monkeys.