Musique / Festivals

On ne change pas une formule qui marche!» Même si Beethoven, héros de la dernière saison liégeoise (et de tant d'autres de par le monde...) ne ressemble pas à Debussy, le principe reste le même: concentrer un répertoire dans l'espace et dans le temps, le doter des meilleurs interprètes et le placer dans un contexte attrayant et festif.

Jean-Pierre Rousseau, directeur général de l'OPL, s'en explique. «Rendons à Louis ce qui est à Louis (Langrée) : c'est lui qui, fasciné par le Symbolisme, amoureux de la lumière et de la poésie du Nord, est à l'origine du projet. Tout en se concentrant sur ce courant artistique multiple, musical, littéraire et poétique, où la Belgique fut si présente, il a voulu en évoquer les antécédents ainsi que son intense rayonnement.» Le festival intégrera donc Wagner - pas un écrit de l'époque de Debussy qui n'y fasse référence, pour le louer ou le vilipender -, Rachmaninov et sa mystérieuse «Île des Morts» (une oeuvre à part dans la production du compositeur), Mahler et son «Chant de la Terre» (dans la version Schoenberg pour petit orchestre), etc.

«A l'époque du Symbolisme, les liens entre Paris et Bruxelles étaient extrêmement serrés (comme le démontre si bien Manu Couvreur dans la Monnaie Symboliste) : le festival - immanquablement relié à Maeterlinck, Khnopff, Rodenbach, etc. - s'inscrit donc idéalement dans les festivités du 175e anniversaire de la Belgique! Autre anniversaire associé: le centenaire de l'Exposition universelle de Liège 1905, occasion de réveiller les mémoires.»

Faire chanter les couleurs

Comment aborder les musiques subtiles de Debussy, Ravel ou Mahler? «Si chez Beethoven, tout est affirmé, chez les Symbolistes, c'est l'inverse: tout est suggéré. On quitte les couleurs franches pour les couleurs pastel, qui vont si bien à l'orchestre et que Langrée, avec son immense talent, peut faire chanter comme aucun autre....»

Dans l'esprit qui fut celui de l'époque, le festival «Génération Debussy» s'ouvre aux autres arts: le Mamac (Musée d'Art moderne et d'Art contemporain), fondé à l'occasion de Expo de 1905, consacre une importante exposition au Symbolisme, avec des chefs-d'oeuvre de Khnopff, Degouve de Nuncques, Ensor etc. dont l'entrée est gratuite durant toute la durée du festival. Divers musées des environs ont d'ailleurs emboîté le pas. Grâce au savoir-faire des étudiants de l'Ecole d'hôtellerie de la ville de Liège, les mélomanes pourront savourer, moyennant réservation, un dîner «symboliste» (on est curieux...), le 11 mars. Le même soir, et cette fois en collaboration avec le Conservatoire, une nocturne donnée au parc de la Bouverie propose de petits concerts et des lectures de poèmes, dans le plus pur esprit des «Fêtes galantes»... Enfin, le prestigieux Musée de la Photographie de Charleroi organise, dans la salle Philharmonique, une exposition de photographies symbolistes originales.

Comment jouir au maximum de cette manne artistique? Jean-Pierre Rousseau nous livre la formule magique: «Se dire qu'on vient à un rendez-vous total: écouter, regarder, mais aussi se restaurer, s'asseoir, parler, partager le bonheur d'être ensemble, retarder le plus possible le moment où l'on reprend pied sur terre...»

Avec, notamment, l'OPL et Louis Langrée, Luc Devos, Bernard Lemmens, Véronique Bogaerts, Donald Kaasch, Sara Mingardo, Jean-Luc Votano, Daniel Blumenthal, Jean-Claude Vanden Eynden, les quatuors Rubio et Con Spirito, le conférencier Jean-Michel Nectoux

Du lundi 7 mars au vendredi 11 mars: concert quotidien à 18h30; les samedi 12 et dimanche 13, concerts et rencontres de 14h à la soirée (en direct sur Musiq3).

Infos et rés.: tél. 04.220.00.00,

E-maillocation@opl.be, Webwww.opl.be

© La Libre Belgique 2005