Musique / Festivals Les chœurs de jeunes, Renaud Capuçon et l’orchestre de la Monnaie à la fête.

On attendait le 2e concerto de Bartók, avec Renaud Capuçon en soliste, ce furent en définitive les chœurs d’enfants et de jeunes qui mirent le feu à la salle.

Placé sous la direction d’Alain Altinoglu, l’Orchestre symphonique de la Monnaie donnait mardi soir (au Bozar) un concert consacré à deux géants hongrois du XXe siècle, Béla Bartók et Zoltan Kodaly, amis et partenaires de recherche tout au long de leurs vies, le premier toujours en recherche de formes nouvelles, le second fidèle à la tradition, l’un et l’autre passionnés de culture populaire.

Le concert s’ouvrit donc avec sept pièces "pour voix d’enfants", de Bartók, confiées à la centaine d’enfants et d’adolescents du Chœur d’enfants de la Monnaie (préparés par Benoît Giaux) et accompagnés par l’Orchestre symphonique (de la Monnaie). Voix pures et justes, chantant de mémoire, les jeunes interprètes parvinrent, en plus, à faire passer la poésie, la mélancolie - "Ne me quitte pas" -, parfois la drôlerie - "La Chanson des flemmards" - de textes hauts en couleur dont, un luxe !, le programme donnait la version originale et les traductions.

Bartók explosé

Après tant d’évidence, le 2e Concerto pour violon du même Bartók parut plus confus, en dépit, ou peut-être à cause, du violon hyper brillant, sinueux et dynamique d’un Renaud Capuçon qui, ce soir-là, tarda à trouver ses marques. L’Andante offrit quelques moments splendides, mais l’Allegro final, très investi, mené dans une sorte d’emportement héroïque, se heurta à mille aspérités (surnuméraire, la partition en comporte des masses…) et manqua de véritable ligne.

Quant à Kodaly, après avoir suivi ses "Quatre pièces a cappella" pour chœur de jeunes (douze jeunes hommes ont rejoint les aînées du chœur précédent) et la trépidante "Suite d’Háry Janos", on ne peut que lui rendre grâce. Inscrite dans une modernité intemporelle, sa musique est riche et profonde, et toute dédiée au bonheur du public : traitement miraculeux des voix, inspiré des polyphonies de la Renaissance, et de l’orchestre, qui, entre quelques solos fameux, s’en donna à cœur joie.