Musique / Festivals Un fan, Vincent Magos, a mis la main sur plusieurs centaines de titres du chanteur, la plupart inconnus à ce jour.

C’est le rêve de tout fan et le Graal du collectionneur : mettre la main sur les inédits d’un artiste. Ce rêve, Vincent Magos, un collectionneur belge de trente ans, l’a réalisé. En rachetant la collection d’une fan ayant suivi Claude François, il ne pensait pas découvrir un trésor. Parmi les divers objets rachetés se cachait une centaine de cassettes audio contenant des inédits de Claude François. Non pas un, cinq ou dix mais environ trois cents ! Des maquettes, des versions studio, des titres dont tout le monde ignorait l’existence… Et il s’en est fallu de peu que ces trésors ne disparaissent à jamais…

Comment avez-vous fait l’acquisition de ces inédits ?

Il y a cinq ans, une ancienne fan qui a suivi Claude François pendant des années m’a contacté pour me revendre sa collection de souvenirs de lui. Il y avait quatre ou cinq valises, des caisses, des sacs, qui étaient dans son garage. Elle ne savait plus trop ce qu’il y avait là-dedans. Elle voulait vendre le tout en un bloc, était pressée de s’en débarrasser. J’ai tout acheté. Et j’ai par hasard découvert les cassettes dans une boîte enfermée dans une des valises.

Vous saviez ce qu’elles contenaient ?

Pas du tout. Et comme je ne savais pas les écouter parce que je n’avais pas de lecteur cassette, tout ça a failli partir à la poubelle. Il y en avait à peu près une centaine. Ça prenait de la place et ça ne m’intéressait pas. Mais Sébastien Fauvin, l’ami avec qui j’ai partagé cette collection, les a reprises et a trouvé un lecteur pour les écouter. Il m’a appelé tout de suite pour me dire qu’il y avait des bijoux dessus. Sur la centaine, il y en avait qui n’étaient pas intéressantes mais aussi des inédits, des notes de service en provenance de son dictaphone - qui sont encore plus intéressantes - et des émissions de radio, etc. C’est incroyable ! Il y a des chansons que même Claude François Junior ne connaissait pas… Il m’a dit : "C’est mon père qui chante ça ? Je n’étais pas au courant." C’est le cas de l’inédit qui sort demain et qui s’intitule ‘Les amis de toujours’.

Comment avez-vous eu la certitude que c’était bien Claude François et non un imitateur ?

Il y a plein d’imitateurs de Claude François mais pas un n’a la même voix que lui. Ils essayent mais en général, c’est lamentable. C’est bien Claude François sur ces cassettes, on l’entend parler, râler…

Vous n’avez pas eu de problèmes avec les ayants droit de Claude François ou les maisons de disques ?

Il y a un an, quand l’idée de sortir des disques avec ces inédits a pris forme, on a appris que des maquettes, autrement dit des versions non finalisées de chansons, peuvent être publiées sans accord. Le seul feu vert nécessaire parce qu’on utilise le nom de Claude François, c’est celui de ses ayants droit. Claude François Junior l’a donné parce que ce projet, c’est quelque chose d’inédit. Sinon, ça ne sortait pas.

Ces inédits, c’est un peu comme si vous aviez gagné à l’Euromillions ?

J’insiste : Sébastien Fauvin et moi ne touchons pas un centime ! Je reçois des messages de personnes qui m’accusent de faire ça pour l’argent. Les maquettes, je les ai données à Culture Factory et je n’ai pas demandé de pourcentage sur les ventes, ça ne m’intéresse pas. En revanche, nous avons demandé que notre nom apparaisse sur la pochette des disques, c’est tout. Parce qu’avoir la chance d’avoir son nom sur un vinyle en édition limitée, c’est bien. Dans dix ans, ce sera une pièce recherchée.