Musique / Festivals La couverture des Inrocks mettant en lumière le chanteur Bertrand Cantat a fait énormément parler. Fallait-il mettre en une le meurtrier de Marie Trintignant même s'il a purgé sa peine ? Faut-il distinguer l'homme et l'artiste ? Des questions qui ont divisé les Français. 



Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, avait notamment pris la parole sur Twitter.


Le magazine Elle a critiqué ce choix dans un édito signé Dorothée Werner et intitulé "Au nom de Marie".


Le magazine culturel a mis du temps à réagir : une semaine. Une semaine durant laquelle la rédaction s'est interrogée avant de donner une réponse ce mardi. "Face à certaines réactions, qui allaient du désarroi à la haine, nous avons éprouvé aux Inrockuptibles le besoin de nous rassembler, de parler, de débattre. Ensemble, en réunion générale et en plus petits comités, nous avons questionné cette couverture tout au long des jours qui se sont écoulés", est-il écrit dans une lettre publiée sur leur site.

Ces réunions ont permis aux Inrocks d'apporter quelques précisions se rendant compte d'avoir  "ravivé une souffrance". Ce n'était pas leur but. "Ce journal s’est toujours battu contre les violences envers les femmes, contre le sexisme et pour l’égalité entre les sexes. Ceci est une évidence."

Le magazine justifie néanmoins ce choix. "Le journalisme exige, parfois, d’aller questionner les zones d’ombre, d’aller au-delà des frontières et des évidences, quelles qu’elles soient. Le journalisme, ce n’est pas simplement une posture morale qui consiste à lever ou à baisser le pouce. (...) La question que soulevait notre article consacré à Bertrand Cantat est : pourquoi et comment faire de la musique quand on a tué une femme ? Une question bien trop vertigineuse pour appeler une seule et même réponse. Une question qui, pour certains, ne mérite même pas d’être posée, qui pour d’autres suscite encore des interrogations. Le débat qui suit d’ailleurs la publication de notre interview est là pour le rappeler : rien n’est si simplement simple, rien n’est si simplement compliqué."

Les Inrockuptibles ont admis dans cette lettre que la couverture était "contestable" et ont exprimé de "sincères regrets".