Une chanson, c’est aussi de beaux textes

M.-A.G. Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

Toutes les fins d’après-midi, dans les ors et le délavé du Salon bleu du Centre culturel, se tient "Du haut des airs", une initiative de la Sacef (Société pour l’avancement de la chanson d’expression francophone). Le rendez-vous, gratuit, qui en est à sa 6e édition, a ses fidèles qui reviennent chaque année. Le principe ? Quatre artistes francophones (cette année, représentés par la Belge Vicky Sepulveda, la Canadienne Claudia Parisien, le Français Marc Van Weymeersch et le Suisse Lia) vont puiser dans le répertoire de la chanson actuelle de leur pays des morceaux qu’ils vont offrir au public. Ils sont accompagnés par les mêmes deux musiciens et après trois jours et soixante chansons, leur prestation se termine par un gala où le public aura choisi, chez chacun, les cinq meilleures interprétations.

Avant Spa, les quatre artistes francophones ont proposé "Du haut des airs" au Festival voix de fête à Genève, à l’Espace 93 de Clichy-sous-Bois et au studio théâtre de la place des Arts à Montréal. L’idée étant, avant tout, de faire découvrir la richesse d’écriture des auteurs d’aujourd’hui. Pour François Guy, à la tête de ce "survol de la chanson francophone actuelle", "environ 20 000 chansons sont écrites, en français, par an et on n’en entend que quelques-unes. Des perles restent dans l’ombre, il faut les en sortir".

Les participants sont recrutés lors d’auditions effectuées dans chaque pays. "Les artistes qui se présentent doivent être capables de chanter tous les genres dans le plus petit enrobage musical. Ils doivent faire preuve de talents vocaux, bien sûr, d’interprétation et faire montre d’une capacité d’investissement" explique M. Guy. Et le Québécois de commenter : "Beaucoup de chansons actuelles sont avant tout musicales. Le texte a un peu perdu de sa valeur. C’est dommage pour les amants de la poésie - même si personnellement je préfère la lire - car une chanson est par essence poétique." Pour ceux qui considèrent que la programmation des Francofolies s’égare parfois, en voilà un qui redresse la barre

L’avantage d’une telle manifestation est aussi d’ouvrir au public, belge dans le cas qui nous concerne, le champ de la création francophone. Si la Liégeoise Nicky Sepulveda reprend certains auteurs connus comme Saule ou Suarez, pas sûr que les spectateurs connaissent tous Myriam Boucris (Suisse) ou Vincent Vallières (Canada), pour ne citer qu’eux.

Leur prestation au Salon bleu est donc la dernière étape pour ces quatre jeunes artistes francophones. Après s’être produits dans quatre pays, après avoir enchaîné les concerts dans des événements majeurs, les voilà donc riches d’une expérience. "Ils auront appris à tourner, s’adapter, travailler avec les autres", explique M. Guy, qui relève aussi que la plupart des candidats (lors des auditions qu’il a réalisées pour le Canada) n’avaient pas vraiment idée de ce que c’était qu’interpréter une chanson. Il leur a alors énoncé la définition du dictionnaire. "Expliquer, mettre en lumière le sens d’un texte". "La technique est une chose, après il faut être capable d’aller chercher au fond de soi-même ce qu’on a. Chanter est le miroir de l’âme. Il faut pouvoir se livrer sans pudeur". Pour avoir assisté aux reprises de la Belge Vicky Sepulveda, et sans chauvinisme aucun, on peut dire que cette dernière en a et qu’elle en veut.

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