Musique / Festivals L’ONG "Plan international" a sondé 604 jeunes âgés entre 16 et 24 ans.

On le sait, les festivals de musique ne cessent de gagner en importance et en popularité. Les scènes sont toujours plus grandes, les plaines bondées, et ces espaces culturels de masse représentent désormais de véritables terres de liberté. On ne vient plus uniquement à Werchter, au Pukkelpop ou à Tomorrowland pour écouter de la musique, mais pour se défouler, s’amuser et éventuellement s’enivrer.

La plupart du temps, cela ne prête pas à conséquence. Les festivaliers prennent du bon temps sans tomber dans l’excès, et il est bon de rappeler que les festivals prennent un certain nombre de mesures (en conviant notamment des organisations de sensibilisation) pour assurer tant bien que mal la sécurité de chacun. Mais contrôler nuit et jour 80 000 personnes réparties sur une zone gigantesque où l’alcool coule à flots, ressemble presque à une mission impossible, et les mesures en question semblent bien dérisoires pour contrer les incivilités, déviances, et comportement bien plus graves des messieurs qui sont incapables de se tenir.

Sondage auprès de 604 jeunes

Dans ce contexte à risque, certaines jeunes filles ont déjà révélé avoir été harcelées. Ce jeudi, l’ONG Plan international est allée plus loin en publiant un chiffre basé sur un sondage réalisé en auprès de 604 jeunes (334 filles et 270 garçons) âgés entre 16 et 24 ans et ayant fréquenté au moins un festival de musique ces trois dernières années. Résultat : une jeune fille sondée sur six dit avoir vécu une forme de harcèlement lors d’un festival.

Parmi les répondants, 87 personnes ont indiqué avoir été victimes de harcèlement sexuel durant un festival dont deux tiers de femmes. Si beaucoup de victimes ont appelé des amis ou ont fait face à leur agresseur, une sur cinq déclare n’avoir rien fait, et près de 40 % des témoins reconnaissent s’être simplement éloignés. Les faits, graves, concernaient notamment des attouchements non souhaités, des frottements, abus de l’état d’ivresse, insultes sexistes, etc.

Afficher un numéro d’urgence

Les festivals d’ampleur, tels que Rock Werchter ou Tomorrowland, plus fréquentés, enregistrent "logiquement" le plus de victimes et témoins, "mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils sont les plus à risque pour les filles", nuance l’ONG. Durant 11 festivals de tous styles confondus, à savoir Dance-D-Vision, Dour Festival, Esperanzah !, Laundry Day, Pukkelpop, Qontinent, Reggae Geel, Rock Werchter, La Fête des Solidarités, Sunrise et WeCanDance, "au moins 10 % des filles déclarent avoir été victimes d’au moins une forme de harcèlement sexuel". 

En revanche, moins de 5 % des filles ont rapporté des faits de harcèlement durant Les Ardentes, Boomtown, le Brussels Summer Festival, CactusFestival, Couleur Café, Dranouter, Graspop, Lasemo et Ronquières Festival. De l’aveu même de Plan international, il faut toutefois "être prudent avec ces chiffres" car l’échantillon est limité, en particulier pour les petits festivals. "Notre sondage démontre avant tout qu’aucun festival n’est épargné et que les organisateurs doivent agir au plus vite." 

Parmi les pistes d’action proposées par Plan international figure celle de l’affichage d’un numéro d’urgence propre au festival. L’ONG récoltera par ailleurs des solutions auprès des jeunes cet été, dans le cadre de sa campagne #SAFEstival.