Musique / Festivals

En France, la polémique gronde. Des déclarations faites par Eddie Barclay au «Figaro» de lundi ont allumé la mèche. Jacques Brel, dit-il, considérait les cinq titres inédits publiés sur la compilation du 25e anniversaire de sa mort comme «inachevés d'un point de vue artistique». L'artiste n'ayant pu les retravailler avant de s'en aller, son producteur d'alors estime qu'il ne fallait pas les diffuser: «Je crois que Jacques Brel aurait été furieux de ce genre d'exhumation qui a des relents commerciaux. Manifestement, la famille cherche à faire de l'argent sans respecter la parole d'un enfant défunt.» Inutile de dire qu'à la Fondation Jacques Brel, sise à Bruxelles, et auprès de la famille du chanteur, on déplore cette polémique qui, dit-on, n'a pas lieu d'être: «Le plus important, n'est-ce pas la mémoire toujours bien vivante de Jacques en ce 25e anniversaire, le 9 octobre?» D'autant, précise-t-on encore, que cette controverse s'explique surtout par les vives tensions ayant émaillé les relations entre Barclay et Brel à la fin de sa vie, Barclay ayant même tenté de... diffuser lui-même ces inédits à l'époque. «La vérité, c'est que Jacques n'a jamais interdit qu'on sorte ces chansons», dit Miche Brel, épouse de Jacques. Le 2 février 1978, Jacques écrit à cette dernière une lettre dans laquelle il confie que les «droits à venir» lui appartiendront, à elle et à ses filles. «Nous avons attendu vingt-cinq ans», poursuit Miche Brel. «Ce sont quand même des documents d'excellente qualité.» Et le travail effectué par Universal pour remasteriser ces morceaux est «superbe». Conclusion de la famille: «Ce que l'on retiendra de l'anniversaire, c'est le coffret et les cinq inédits, pas cette polémique hystérique.»

© La Libre Belgique 2003