Musique / Festivals

Dans la salle de concert de leur label, à Bruxelles, Vianney le Français et Aliocha le Franco-Québécois se sont produits comme s'ils jouaient dans un salon.

Jeudi soir et encore ce vendredi, quelques privilégiés, qui ont gagné leurs places en écoutant une grande radio privée belge ou en lisant un magazine féminin, ont pu assister à une Pias Nites un peu spéciale : celle qui accueillait le chanteur français Vianney ainsi, qu'en première partie, le Franco-Québécois Aliocha.

Les Pias Nites, qui existent depuis 2006, servent à faire connaître le label au grand public. Pias est un géant européen des musiques indépendantes même s'il s'ouvre de plus en plus au « commercial » - « avec mesure et goût », selon le co-fondateur et actuel CEO Kenny Gates.

Des Pias Nites, il y en a de toutes les tailles. Elles ont déjà pris place, entre autres, à Tour et Taxis, au Palais 12 - à l'étranger, aussi, comme à Paris, Amsterdam, Berlin. Toujours selon Kenny Gates, puisqu' « en 2016, une maison de disques, ce ne sont pas juste des gens derrière un bureau », dans l'immeuble que le label occupe depuis mai 2015 dans le centre de Bruxelles, rue Saint-Laurent, on trouve, outre les bureaux de Pias, un resto, un magasin de disques, des cimaises et la fameuse salle de concerts.

Comme l'a introduit Damien Waselle, directeur de [Pias] Belgium, ceux qui étaient présents jeudi et vendredi soir, pourront peut-être, un jour, crâner en se vantant d'avoir vu, dans une petite salle de concert un artiste qui se produira dans de plus grandes capacités, d'ici quelques mois ou années.

© Julien Mignot

Ainsi d'Aliocha, qui se produisait avant Vianney. Le jeune homme, qui vient de sortir un premier EP, « Sorry Eyes », est toujours aussi désarmant de naturel. Il distille ses jolies ballades folk en anglais, s'accompagne à la guitare ou au piano et son chant minéral naturel est des plus touchants. Comme le piano est placé de telle façon qu'il joue de dos, il commente : « c'est parce que je suis gêné ».

Vianney, doit-on le rappeler, c'est l'auteur de la scie « Pas là » (« Mais t'es pas là/Mais t'es où) ». Il vient de sortir un deuxième album éponyme. Le premier (« Idées blanches ») fut album révélation de l'année en 2015 et lui, chanteur de l'année en 2016, aux Victoires de la musique. Agé de 25 ans, celui qui ne se destinait pas à la musique, connaît un succès de plus en plus grand. Il sera à La Madeleine le 27 avril prochain (il ne reste plus beaucoup de places).

Avec son épi de saut du lit dans les cheveux, sa chemise blanche, son sourire ravageur, Vianney affiche, également, une belle aisance sur scène avec juste ce qu'il faut de timidité, histoire de ne pas apparaître arrogant - ce qu'il n'est pas du tout. Il adore l'endroit où il se produit « avec ce carrelage de cantine et des canapés mieux que ceux de son salon ». Tout lui réussit : il a de la voix (on aime ou pas son timbre un peu râpeux), des textes, de beaux arrangements (que l'on remarque davantage sur disque), des mélodies faciles à reprendre en choeur (le public adore). Comme on n'est pas une fan de son répertoire, on était bien ennuyé jeudi soir de ne pas toujours comprendre ses paroles alors que d'aucuns louent ses textes inattendus, renfermant des mots qui frottent, qui piquent.