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Laanan: "Bozar trop flamand!"
Guy Duplat
Mis en ligne le 13/09/2011
Début 2011, le théâtre le Rideau de Bruxelles tirait à nouveau la sonnette d’alarme. Chassé, disait-il du palais des Beaux-Arts, il restait sans lieu fixe, menacé de mourir si cette itinérance continuait. Toutes les pistes ont été explorées, ajoutait le théâtre, il ne restait à la ministre Fadila Laanan qu’à trancher avant juin 2011. Mais la date est passée et la ministre n’a fait aucune offre. Elle s’en explique : "Le Rideau était à Bozar. On ne les a pas chassés. Ils sont partis volontairement, même si c’était pour des raisons de vexations multiples que je peux comprendre. Nous leur avions dit que c’était dangereux et que nous ne pourrions pas leur construire un nouveau théâtre. Ils estiment que la Communauté Wallonie-Bruxelles est responsable de leur relocalisation. Il est vrai que le Rideau est un opérateur important, mais ce n’est pas pour cela que nous avons une obligation légale de reloger un opérateur qui est parti spontanémen t."
Il y avait pourtant une piste de les reloger au théâtre des Martyrs ?
Oui, nous avions, dans la plus grande discrétion, étudié cette piste pour faire cohabiter les Martyrs (d’où partira bientôt Daniel Scahaise) et le Rideau, mais des fuites dans la presse ont crispé les mandataires bruxellois de la Cocof dont dépend ce théâtre. Cette piste a été abandonnée et la Cocof prépare un autre plan pour les Martyrs. On essaie encore de voir ailleurs mais le Rideau veut qu’on leur construise un nouveau théâtre. Impossible dans le contexte budgétaire qu’on sait ! Dans ce dossier (NdlR : le Rideau annonce une conférence de presse le mercredi 21), j’ai été souvent fort en colère : devais-je encore perdre mon temps avec ça ? Mais je suis une femme raisonnable et j’ai mis mon énervement de côté. On ne peut pourtant pas vider un lieu pour y mettre le Rideau ! Mon cabinet a encore reçu les dirigeants du Rideau vendredi. Nous cherchons toujours un lieu (je vois du côté de la SDRB) et si eux trouvent un lieu privé, on les aidera.
Parallèlement, vous êtes énervée contre Bozar ?
Oui, je suis assez critique. Le palais des Beaux-Arts est une entité fédérale (et nous les aidons sur des dossiers comme la musique), et pourtant je constate de forts déséquilibres, surtout pour les arts plastiques. Sur ce plan, Bozar est dans une situation de flamandisation à l’excès. Je sais que Paul Dujardin, le directeur, le nie et que peut-être cette situation est due aux nombreux changements dans les équipes s’occupant des arts plastiques, mais c’est un fait troublant : les Flamands sont mieux servis que nous à Bozar, il y a un vrai déséquilibre. Je l’ai fait savoir officiellement à notre secrétaire général, Frédéric Delcor, qui siège au Conseil de Bozar. Il nous faut un plan pour rééquilibrer les choses. Il n’est pas normal de devoir payer cher et vilain la présence de nos artistes ou les idées qu’on apporte.
Ce n’est pas comme cela au Wiels ?
Nullement. Là, il y a pourtant un déséquilibre important dans les financements (nous payons 150 000 euros par an et la Flandre 600 000 euros), mais malgré cela, l’équipe qui est en place fait un travail formidable sur le plan artistique (avec des équilibres), sur le plan local et pour le quartier. J’étais méfiante au début, mais je suis aujourd’hui ravie. D’autant plus que l’annonce de la fermeture du musée d’Art moderne, pour peut-être dix ans, est pour moi inacceptable. Je m’insurge aussi si cela devait conduire à créer des pôles touristiques négligeant le travail nécessaire de recherche et d’accueil des collections.
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