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Une première liste de huit trésors, mais beaucoup d’autres attendent déjà
Guy Duplat
Mis en ligne le 13/03/2010
1La liste
Le gouvernement a donc entériné une première liste de huit trésors du patrimoine mobilier de la Communauté française. Parmi ceux-ci et avant tout, le "Trésor d’Oignies" (32 pièces d’orfèvrerie), un dossier envoyé déjà chez la ministre fin 2008. Le trésor d’Hugo d’Oignies est un ensemble de chefs-d’œuvre d’orfèvrerie mosane créés au XIIIe siècle par Hugo d’Oignies, moine du prieuré d’Oignies. Grâce à un bienfaiteur, Jacques de Vitry, évêque de Saint-Jean d’Acre et plus tard cardinal, Hugo réalise une série de pièces d’orfèvrerie : reliquaires, ostensoirs, évangéliaires, et autres objets de culte qui sont autant de chefs-d’œuvre de l’art mosan. Ces merveilles artistiques ont été conservées dans leur intégralité, alors que beaucoup d’autres, comme celles de Stavelot ou de Saint-Aubain à Namur, ont été détruites, dispersées ou pillées au hasard des guerres et des révolutions. Emmuré à la fin du XVIIIe siècle par le dernier prieur dans une ferme à Falisolle, le trésor est confié en 1818 aux Sœurs de Notre-Dame de Namur. En 1939, alors que la guerre menace, il est mis à l’abri et échappe à la destruction du couvent. Après la reconstruction des bâtiments, il est de nouveau exposé chez les sœurs, dans une pièce spécialement aménagée de leur couvent de Namur.
On retrouve aussi, dans la liste, le "Sarcophage de Chrodoara", à Amay, exemple rare de vestige funéraire associé à la civilisation des Francs. Ce sarcophage ne fut découvert dans le sous-sol de la collégiale qu’en 1977. Il est le seul témoin archéologique de sculpture funéraire franque à montrer de façon aussi précise une représentation humaine. L’inscription Chrodoara apparait en faible relief au-dessus d’un personnage féminin vêtu d’une longue robe et tenant une crosse.
D’autres pièces d’orfèvrerie sont reprises dans la première liste de trésors : et d’abord, les Châsses de saint Mengold et de saint Domitien à la collégiale de Huy, et celle de saint Remacle à Stavelot.
Pour montrer la diversité du patrimoine, on a placé sur la première liste deux objets scientifiques : la dynamo prototype tétrapolaire de Zénobe Gramme, et la tabulatrice d’Hollerith, exposés tous deux à Liège.
On y a joint aussi le "chaland en bois", deux fois millénaire, retrouvé à Pommerœul.
Mais de nombreux autres trésors ont été étudiés et proposés par la commission. Ils attendent le feu vert du gouvernement. On remarque ainsi qu’il n’y a ni peinture, ni retable, dans la première liste.
2La suite
La commission a ainsi étudié et approuvé les autres trésors suivants qui restent en attente de classement : en archéologie, la "Moissonneuse des Trévires". En peinture, le "Couronnement de la Vierge" de Gérard de Lairesse, le "Massacre des Innocents" de Louis Finson. On trouve aussi la célèbre sculpture de Jean del Cour, le "Christ mort"et la "Conversion de saint Paul" de Laurent Delvaux. En sciences, la "Machine à vapeur dite "de Leruite". En peinture à nouveau, la "Femme au bonnet" de Vincent van Gogh, le "Fonds de l’artiste Gilles Closson". On trouve encore les "Archives Fonds Henry van de Velde", le "Reliquaire de Charles le Téméraire" et les six Pièces extérieures au Trésor d’Oignies : "le Calice dit de saint Berthuin de Malonne", la "Plaque reliquaire saint Feuillen", la "Croix-reliquaire à double traverse de Walcourt", le "Reliquaire-tourelle de Walcourt", la "Croix-reliquaire à double traverse de Namur" et la "Vierge de Walcourt".
En peinture, la commission a repris le "Paysage avec la Parabole du Bon Samaritain" d’ Henri Bles, le "Saint Jérôme dans un paysage" de Lambert van Noort et Henri Bles, le "Retable de la Vraie Croix", de l’Eglise Saint-Lambert à Bouvignes-sur-Meuse, celui "de la Vierge et de l’enfance du Christ" à l’Eglise Saint-Nicolas à Enghien, et celui "de la Vierge" à l’Eglise Saint-Martin à Ham sur Heure. En peinture, on retrouve aussi "Les Sept joies de Marie" de Pierre Pourbus et "La Vierge à l’Enfant avec donatrice et Marie Madeleine" du Maître à la Vue de Sainte-Gudule.
Et en orfèvrerie à nouveau, il y a, comme candidats trésors, la "Paire de soupières" de Jean François Joseph Beghin et le "Buste-Reliquaire de Saint-Lambert".
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