Politique

C’est une vraie révolution qui débutera ce mercredi avec le vote au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles du décret sur les arts de la scène. Celui-ci va redessiner à partir du 1er janvier 2018 tout le paysage de notre théâtre, mais aussi de la danse, du cirque, du théâtre jeune public, de la musique classique et non classique et même du conte dans un souci général de "décloisonnement".

Tous les systèmes d’aide divers seront remis à plat et unifiés dans un but de clarté, de bonne gouvernance et d’adaptation au XXIe siècle.

Tous ceux (institutions, compagnies, individus) qui veulent obtenir une aide devront s’y conformer, remplir des formulaires détaillés et standardisés et les soumettre aux diverses commissions d’avis avant le 16 janvier 2017. Celles-ci devront ensuite étudier les demandes et rendre leur verdict (indicatif) pour fin juin 2017. La ministre de la Culture, Alda Greoli, dont ce sera "le" grand dossier de la législature, décidera alors des subsides divers, vers octobre 2017, en fonction aussi de l’enveloppe qu’elle aura obtenue pour son budget 2018. Ce sera alors le moment de vérité où bien des dents grinceront et où des choix douloureux devront être faits. Car les demandes excéderont largement les moyens disponibles.

Tous les nouveaux subsides démarreront ensemble en janvier 2018, quitte à ce que les contrats-programmes soient "ficelés" plus tard dans les détails.

Ce décret trouve son origine dans une "note d’orientation pour une politique théâtrale renouvelée" de 30 pages soumise en juillet 2015 par Joëlle Milquet, alors ministre de la Culture, avec l’ambition "de remettre l’artiste au centre, de réduire les coûts administratifs au profit de l’artistique, d’augmenter l’aide aux projets" .

Elle voulait déjà tout remettre à plat et décider au même moment de toutes les aides comme cela se fait en Flandre, et non plus au cas par cas, comme auparavant.

Expliciter les plans et objectifs

Il a fallu un an de discussions, quatre lectures au gouvernement, deux passages par le Conseil d’Etat et le comité de concertation des arts de la scène pour aboutir à ce texte. Mais celui-ci n’éteint pas la polémique. Michel Kacenelenbogen, directeur du Public, a déjà vivement réagi. Certains jugent le timing "intenable", d’autres incriminent les "flous" du texte. Bref, le sujet restera aussi inflammable qu’important jusqu’en 2018.

(...)