Politique

Que va-t-il advenir du musée Wiertz, à Bruxelles. Situé dans le quartier Léopold, il jouxte le Parlement européen et fait partie d’un ensemble ayant appartenu au peintre, sculpteur et homme de lettres belge Antoine Wiertz (1805-1865). Cet ensemble comprend la maison particulière de l’artiste, son jardin, ainsi que son atelier où sont exposées ses collections léguées à l’Etat belge à sa mort, à charge pour ce dernier de créer un musée accessible gratuitement.

On a appris jeudi qu’un accord de principe qui doit encore être formalisé est intervenu entre l’Etat fédéral et le Parlement européen pour permettre à ce dernier de prendre possession d’une partie des lieux via un bail emphytéotique de cinquante ans pour 1 euro symbolique. Ce n’est pas le musée Wiertz à proprement parler qui est concerné, mais la maison privée et le jardin. L’institution européenne souhaiterait en prendre possession pour y organiser des événements et des rencontres de prestige.

L’existence de cet accord a surpris les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique auquel est rattaché le musée Wiertz depuis 1868. "Nous regrettons de ne pas avoir été concertés dans ce dossier", déplore sa responsable de la communication, Isabelle Bastaits. Celle-ci rappelle que les musées royaux des Beaux-Arts ont pour mission la conservation et la gestion des œuvres contenues dans les six musées sous leur autorité. En revanche, tout ce qui concerne les bâtiments qui abritent les collections est du ressort exclusif de la Régie des bâtiments qui dépend du ministre de l’Intérieur. En l’occurrence, Jan Jambon (N-VA).

On se demande ce qui va suivre

Si elle tombait des nues au moment d’apprendre l’existence de cet accord, Isabelle Bastaits reconnaît que la démarche peut avoir du positif. "La partie muséale a été récemment rénovée par la Régie des bâtiments, rappelle-t-elle, mais la partie privée de la bâtisse est dans un mauvais état. Un accord avec le Parlement européen permettrait de remettre les lieux en état, ce qui serait bien." En revanche, la responsable de la communication des musées royaux des Beaux-Arts ne peut s’empêcher d’être inquiète pour les collections abritées dans le musée Wiertz. "La maison privée et l’atelier de l’artiste sont mitoyens. Nous craignons que les vibrations, les volumes sonores, etc., ne dégradent les œuvres qui sont très fragiles. Les conditions de conservations muséales sont très strictes en la matière."

Mais certains s’interrogent aussi sur la considération que porte le gouvernement à la conservation du patrimoine et aux grands musées. "Ça commence par le petit musée Wiertz et on se demande ce qui va suivre…", pouvait-on entendre sous couvert d’anonymat. Des propos qui visaient avant tout la N-VA, régulièrement accusée de vouloir démanteler le patrimoine culturel fédéral afin de le communautariser.