Budget culture 2013 : "La prudence s’impose"

Guy Duplat Publié le - Mis à jour le

Politique

Partout en Europe, ou presque, la crise frappe durement les budgets culturels. Les gouvernements à tendance néolibérale, des Pays-Bas à la Grande-Bretagne, coupent dans la culture. Les pays les plus frappés par la crise (Grèce, Espagne, Portugal) font de même. Et certains pays profitent de la crise pour réorienter la culture dans des voies populistes dangereuses (Hongrie). Dans cette atmosphère de marasme, l’Allemagne, la France (où la nouvelle ministre de la culture Aurélie Filippetti doit cependant guerroyer face au ministre des Finances) et la Belgique (Flandre comme Fédération Wallonie-Bruxelles) font quasi figure d’oasis.

Dans la Fédération, la crise se fait certes durement sentir. En particulier l’arrêt des aides à de petits projets, le gel de l’index et le gel de toutes dépenses nouvelles d’infrastructures, mais la ministre Fadila Laanan répète que c’est pour mieux préserver "l’essentiel". Pour 2012, les derniers ajustements budgétaires (en juin) n’ont entraîné que de petites modifications techniques (par exemple des créateurs qui recevaient chaque année des aides à la création ont été cette fois conventionnés). Mais qu’en sera-t-il pour 2013 ?

Gilles Doutrelepont, chef de cabinet de la ministre de la Culture, confirme ce que chacun pensait : "Cela restera une année difficile qui implique la prudence. Nous devrons maintenir la ligne que nous suivons depuis 2009. S’il s’avérait que des marges providentielles se dégageaient, on aviserait alors pour voir comment les répartir."

Cette politique qui se poursuivra consiste à ne pas indexer les opérateurs (conventions, contrats-programmes, etc.,) les obligeant de facto à faire des économies car les coûts (personnel et autres) continuent, eux, à croître. Il n’y aura pas non plus de budgets nouveaux même si Gilles Doutrelepont est bien conscient que des opérateurs réclament des subsides parfois justifiés. Des secteurs entiers se disent défavorisés et non sans raison : les arts du cirque et arts forains, le théâtre enfance et jeune public, les arts plastiques, etc. Mais ils devront reporter à plus tard leurs espoirs de revalorisation. Même chose en ce qui concerne les infrastructures neuves pour lesquels les projets resteront gelés. "Notre priorité reste le maintien de la création et de l’emploi en respectant les promesses du passé. Et la Fédération Wallonie-Bruxelles ne pratique guère la politique des bouleversements qui consisterait à réaffecter les moyens."

On a beaucoup parlé de la volonté de la ministre de mettre à plat toutes les conventions du secteur des arts de la scène pour fin 2012 et tous les contrats-programmes pour fin 2013 afin de décider de tous ces contrats globalement. Gilles Doutrelepont souligne qu’il ne s’agit pas là d’une volonté de faire des économies mais d’obtenir pour le pouvoir politique et pour les commissions d’avis une vue globale et cohérente du paysage culturel, dans un souci de transparence et d’objectivation. Au lieu de décider au cas par cas, dans un paysage où les obligations sont nombreuses, on aurait ainsi un moment privilégié pour voir l’ensemble du secteur.

C’est la même chose en ce qui concerne les assises du développement culturel régional. Il ne s’agit pas sur base de cette cartographie de l’offre culturelle, de décider des coupes et économies, mais bien de mettre au point "un outil de politique culturelle" pour aider à la décision future sur d’éventuelles nouvelles infrastructures. On pourrait ainsi immédiatement voir si un projet est redondant, par exemple avec une institution proche du lieu prévu pour son implantation.

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