Politique

Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury (1974) est la jeune dame qui grimpe dans l’intelligentsia française. Douée d’ubiquité, elle est partout à la fois. Sur les plateaux de télé, dans tous les panels (para)institutionnels qui comptent en France, dans toutes les grandes écoles et universités qui résonnent comme la Sorbonne, Polytechnique, CNRS, HEC - et l’on résume. Avec, par-dessus tout, une prédilection pour la philosophie politique, et l’éthique en particulier. Voilà déjà pour une ex-doctorante qui rêvait naguère de passer "discrètement", entre la recherche et l’écriture.

Auteure de plusieurs ouvrages, elle signait en 2005 "Les Pathologies de la démocratie" (LP, 2009) et en 2010 "La Fin du courage. La reconquête d’une vertu démocratique" (LP, 2011), avant de commettre l’an dernier "Les Irremplaçables" (Gallimard), essai difficile pour être poli, ardu pour être honnête. Ce qui n’a peut-être pas contribué à son escalade médiatique en dehors des cénacles parisiens, où l’on est toujours plus épris du débat et de la conversation.

C’est la Fondation Benoit, lieu d’écoute et de soutien aux projets de jeunes adultes, qui a voulu combler cette lacune en accueillant la philosophe ce prochain lundi soir 3 octobre à 20 heures au Studio 4 de Flagey, place Sainte-Croix, à Bruxelles. Elle y abordera, dans la ligne de son précédent ouvrage : "La nécessité du courage".

Surmonter le désarroi

Elle y dira comment surmonter le désarroi et retrouver le ressort du courage pour soi-même, mais aussi pour notre société. Cynthia Fleury rappelle en effet qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral, et montrera comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif.

Membre du Comité consultatif national d’éthique et titulaire depuis 2016 de la chaire de philosophie à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, l’intellectuelle française est très régulièrement invitée à donner son éclairage sur l’imagination, la résilience, la démocratie, l’engagement, et encore très précisément le courage. Car notre époque, dit-elle, est celle de l’instrumentalisation et de la disparition du courage, lors que chaque individu connaît cette phase d’épuisement et d’érosion de soi. Comment enfin convertir le découragement en reconquête de l’avenir ? Telle est la question qui cadre rigoureusement avec la raison d’exister de la Fondation Benoit. "Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable."


---> Rés. : www.flagey.be - Tél. : 02.641.10.20. Fondation Benoit : 02.375.23.08.