Deux audits accablants sur la gestion du Pass

Philippe Lawson Publié le - Mis à jour le

Politique

Malgré son utilité, le Parc d'aventures scientifiques (Pass), censé oeuvrer pour la vulgarisation des sciences, est lesté par des problèmes. Deux études dont nous avons eu connaissance laissent à penser que les problèmes étaient prévisibles. Il y a l'audit de Mc Kinsey (mars 2003). Le bureau pointait à l'époque une difficulté liée à la situation géographique du Pass. «La province du Hainaut n'est pas considérée comme attractive pour les excursions», note-t-il, malgré une zone de chalandise de 15 millions de personnes (pour les excursions d'un jour) et de 1,6 million d'élèves pour les excursions scolaires. Les experts prédisaient des pertes cumulées au 30 juin 2003 de 5,8 millions d'euros et plaidaient l'octroi d'un subside annuel de fonctionnement de 5 millions pour garantir l'équilibre. Les pertes cumulées au 30 juin 2003 se sont élevées à 7 millions. Le Pass a été recapitalisé à raison de 1,2 million en octobre et a eu un subside annuel de fonctionnement de 4 millions dès l'exercice 2003/2004.

Le Pass, outil privilégié

En 2005, sur base de la note Mc Kinsey, la Sogepa (bras financier de la Région wallonne) faisait un triste constat: au 30 juin, l'outil affichait des pertes cumulées d'environ 8 millions d'euros malgré des aides de fonctionnement totales de 15,7 millions. Le total des subsides en capital perçu depuis 2000 dépasse les 36 millions. Le chiffre d'affaires a presque doublé entre 2002/2003 et 2004/2005, mais il n'atteint que 1,2 million au 30 juin 2005 pour des charges d'exploitation de plus de 7 millions. Causes du déséquilibre: fréquentation inférieure aux prévisions, visiteurs gratuits en hausse (+51 pc par rapport à 2003/2004 et +96 pc par rapport aux prévisions), incapacité à dégager des recettes de sponsoring, honoraires de Mc Kinsey trop élevés (289000 € sur 2003/2004 et 2004/2005).

Un autre audit, réalisé en octobre 2005 par un autre bureau, est plus sévère. «Il est surprenant qu'un outil comme le Pass n'ait pas mis en place un outil performant d'analyse des rentabilités. L'autonomie du service commercial apparaît être la conséquence d'un certain désintérêt du management général quant à la rentabilisation économique des activités du Pass», notent les réviseurs M. De Ridder et M. De Wolf. D'après eux, les données publiées par le Pass en matière de fréquentation sont «incorrectes, voire trompeuses». Ils évoquent aussi une hausse des subsides de l'outil.

Face à Technopolis, un outil semblable en Flandre, le Pass n'est pourtant pas si mal loti. Technopolis a joui d'une mise initiale «bâtiments» de 12 millions (15 millions pour le Pass) et n'a aucune aide de fonctionnement (4 millions pour le Pass). Il emploie 45 personnes (60 au Pass) et fait 240000 visiteurs (120000 tout au plus pour le Pass).

© La Libre Belgique 2006

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