Politique

entretien

Le Moniteur vient de publier l'appel à candidatures pour le choix de la ville belge qui sera désignée "Capitale européenne de la culture" en 2015. Les villes candidates doivent présenter leur dossier avant le 1er mars prochain. Longtemps, on avait cru que Mons serait seule candidate, un accord existant en Communauté française pour qu'il en soit ainsi et il paraissait "naturel" qu'après Anvers en 1992, Bruxelles en 2000 et Bruges en 2002, ce soit le tour d'une ville wallonne à recevoir ce titre. Même Guy Verhofstadt et Yves Leterme avaient appuyé ce point de vue. Mais on sait que Malines, la ville de Bart Somers, le président du VLD, présentera une contre-candidature comme les règlements européens lui en donnent le droit.

Vendredi, a été inauguré le site www.mons2015.eu, qui donne tous les renseignements possibles sur la candidature et qui veut entamer un dialogue participatif avec le public. D'autre part, c'est la Fondation Roi Baudouin qui gèrera les subsides pour Mons 2015 que la ville, la Communauté, la province et la région se sont engagés à payer (60 millions d'euros au total). Tout sera pour les projets, l'administration de Mons 2015 sera payé par les intérêts.

Nous avons interrogé Eio Di Rupo, bourgmestre de Mons.

N'êtes-vous pas déçu que Malines et Bart Somers, votre partenaire gouvernemental, tentent de supplanter Mons ?

Il paraissait effectivement normal que ce soit Mons cette fois. Ce qui se passe est donc singulier, mais je me suis habitué depuis longtemps à de tels comportements singuliers. Il faut maintenant jouer le jeu. Nous présenterons nos candidatures réciproques et le jury indépendant tranchera. Pour moi, le fait que ce soit le tour d'une ville wallonne reste un argument important dont, j'espère, le jury tiendra compte. De plus, notre candidature est évidemment culturelle, mais le choix de Mons permettrait à la ville à sa région de faire un saut qualitatif de dix ans, comme cela s'est passé cette année avec Liverpool. Si la France a choisi Marseille pour 2013, c'est aussi dans ce but. Nous avons déjà bénéficié de fonds européens, le choix de Mons, une zone fortement éprouvée économiquement, participerait à ce nécessaire développement multipolaire de la Wallonie.

Est-il concevable que Mons et Malines trouvent un accord à l'amiable avant le dépôt des candidatures ?

L'Europe veut qu'il n'y ait qu'une seule ville candidate. Et nous souhaitons que ce soit Mons. Mais nous sommes prêts à négocier un partenariat spécifique avec Malines, comme nous le ferons avec Gand et Anvers. Il y a déjà des contacts en ce sens, mais rien ne dit qu'on puisse arriver à un accord.

A Liège, une pétition circule pour que la ville dépose aussi sa candidature, contre Mons.

Liège est une belle ville qui a reçu déjà de nombreux subsides culturels. De plus, elle a bénéficié pour son développement d'aides régionales importantes pour son aéroport, pour Francorchamps et pour Arcelor-Mittal. Charleroi aussi a reçu de telles aides pour son aéroport. Des aides qui viennent de tous les Wallons pour assurer ce développement multipolaire de la Wallonie. Il me paraît normal que la solidarité, cette fois, joue en sens inverse et que tous les Wallons participent au développement de Mons et sa région. Mais nous négocierons aussi un accord de partenariat avec Liège.

A force de faire des partenariats avec tous, cela ne sera plus vraiment "Mons 2015" ?

Mais c'est comme cela que l'Europe le veut. Lille 2003 fut un projet de toute la grande région. Marseille a gagné pour 2013, avec un projet qui englobe la Provence et la Côte d'Azur. On ne choisit plus tant une ville, mais bien un réseau.

Vous prévoyez un budget de 70 millions d'euros dont 10 par le privé. Mais Marseille prévoit près de 100 millions d'euros ?

Mons n'est pas Marseille. Quant aux sponsors privés, on les cherchera activement dès que la candidature de Mons aura été acceptée par l'Union européenne.