Politique

Nos musées, Bibliothèque royale, Observatoire royal et autres ESF (établissements scientifiques fédéraux) attendaient le moment depuis des mois. Elke Sleurs (NV-A), secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, a attribué 11,2 millions d’euros en plus pour 2015 aux dits ESF et au Centre d’études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma), soit 30 % en plus que le total de leurs subventions ! Une somme récupérée sur d’anciens crédits pour le spatial qui n’avaient pas été liquidés.

Pour l’avenir de l’institution

Une très bonne nouvelle donc pour ces institutions mais qui ne résout pas tout, loin de là. C’est une opération unique, non récurrente, qui doit être utilisée à des investissements nouveaux spécifiques et ne peut servir à compenser les fortes réductions de subsides décidées en octobre et qui elles sont récurrentes.

Elke Sleurs a demandé à chaque ESF ses projets et a fait ensuite ses choix. Elle explique avoir été guidée par des projets générateurs d’économies récurrentes (meilleure gestion énergétique des bâtiments) ou de revenus nouveaux (meilleure attractivité du musée, donc plus de recettes, valorisation économique des collections).

Il est important de donner tous les montants des "cadeaux" en fonction des subsides 2015 déjà accordés (voir ci-contre). On évoquait en effet la crainte qu’Elke Sleurs ne favorise les "bons" directeurs des établissements scientifiques fédéraux (les néerlandophones ?). Mais le détail de l’attribution des différentes enveloppes exceptionnelles que nous évoquons ne permet pas cette critique. Le choix est basé sur les demandes mêmes de chaque établissement et leur intérêt pour l’avenir de l’institution.

La note de la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique ne dit en revanche rien sur l’avenir du musée d’Art moderne, la nomination de directeurs définitifs, l’évaluation provisoire de certains directeurs et le nom du successeur de Philippe Mettens à la tête du département. Ces décisions sont pour plus tard.


Qui reçoit quel montant et pour quoi faire ?

Le musée des Beaux-Arts

Aux subsides 2015 de 3,8 millions, Elke Sleurs ajoute un subside exceptionnel de 0,8 million pour un audit énergétique, des investissements en téléphonie et en détection d’incendie.

Le musée de Tervuren

A la subvention 2015 de 3,5 millions vient s’ajouter 1,1 million pour la restauration du bâtiment, le marketing, etc. Et deux expos pop-up sur la peinture congolaise et sur les timbres.

Le Cinquantenaire

A la subvention de 5 millions s’ajoute 1,3 million pour l’aménagement des salles sur les arts décoratifs, pour la restauration des sarcophages égyptiens et pour la section antiquité.

Institut royal du patrimoine artistique (IRPA)

L’aide d’1 million d’euros pour la restauration du matériel de recherche double quasi le subside 2015 d’1,3 million.

Les Archives royales

Elles se voient attribuer 0,67 million en plus de la subvention d’1,8 million afin d’accélérer la numérisation des collections.

Les ESF spatiaux du plateau d’Uccle

Aux 7,4 millions d’euros de subsides 2015 accordés à l’Observatoire, à l’IRM et à l’Institut d’aéronomie spatiale, s’ajoutent 2,07 millions pour la modernisation des infrastructures, la climatisation, le stockage des données.

L’Institut des sciences naturelles

Il reçoit 1,8 million en plus des 8 millions pour la digitalisation des collections et surtout une maintenance exceptionnelle du "Belgica", le bateau océanographique.

La Bibliothèque royale

Elle reçoit 1,8 million en plus des 6,2 millions pour le renouvellement de la salle de lecture, l’installation du wi-fi et la numérisation des collections.

Le Centre d’études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma)

Il reçoit 0,3 million en plus du subside d’1,5 million pour la modernisation de son informatique et une expo sur les Juifs à Bruxelles pendant la Seconde Guerre mondiale.