Politique

La mise en évidence des fuites d’eau de pluie dans des salles d’exposition du musée des Beaux-arts de Bruxelles et encore davantage dans celles du musée du Cinquantenaire, a suscité une forte émotion. Le phénomène n’est pas neuf et fut souvent dénoncé comme un scandale, démontrant l’oubli sacrilège dans laquel les musées fédéraux sont laissés. Les prisons furent plus prioritaires que nos musées et notre patrimoine.

Mais cette fois, les autorités politiques bougent un peu. Le vice Premier ministre Jan Jambon (N-VA) en charge de la Régie des bâtiments propriétaire des bâtiments de ces musées, a demandé de procéder d’urgence aux réparations pour assurer l’étanchéité des toits. Et de terminer les travaux encore cette année.

Pour les travaux de plus longue haleine -comme la rénovation générale des toitures classées, l’aménagement des salles désamiantées du musée des Beaux-Arts pour y accueillir enfin, le musée d’Art moderne fermé depuis cinq ans, la rénovation générale du Cinquantenaire- les sommes en jeu sont parfois énormes et un master plan sera dressé. La situation était devenue très délicate au Cinquantenaire car l’état du bâtiment met en péril la rénovation des salles Art Nouveau, un projet liée lui-même à un crédit exceptionnel d’Elke Sleurs (secrétaire d’Etat responsable des musées) de 500000 euros et à un mécénat de 1,5 million d’euros par la fondation Inbev Baillet-Latour. Il fallait pour cela que les salles soient rénovées pour la fin 2016.

Tout se délite

Si on peut donc souffler un peu, cela ne sont encore que des mesures d’urgence. Un grand plan devrait être mis en route, mais le gouvernement fédéral en a-t-il les moyens et surtout la volonté ?

En févier 2014, Philippe Courard (PS, alors secrétaire d’Etat à la Politique scientifique et responsable des musées) nous disait, en lançant un vrai cri d’alarme sur la situation du bâtiment au Cinquantenaire. "Il faudra d’urgence, lors de la constitution du prochain gouvernement, adopter un master plan pour le Cinquantenaire, y associer la Région, investir comme on l’a fait à Tervuren, sinon le Cinquantenaire devra fermer. C’est un patrimoine magnifique mais où on n’a plus investi depuis des années. Tout se délite dans le bâtiment. Le temps des bricolages est fini. J’ose espérer que tous les responsables politiques se retrouveront autour de cette ambition pour un lieu important de la capitale de l’Europe." Mais depuis, rien n’est venu…