Politique

A la veille des élections belges et européennes, un appel est lancé pour "un printemps de la culture" (lire sur www.pasennotrenom.be). Il est relayé par ceux qui, il y a quelques mois, manifestaient contre le repli frileux en Flandre alors que la culture est l’ouverture. Le 1er avril, au Toneelhuis d’Anvers, ils organiseront une soirée. "En Europe, dit le texte, l’asphyxie frappe l’art et la culture, considérés comme un ballast gênant qu’on jette par-dessus bord. La politique pratique des coupes dans les investissements culturels publics, sous prétexte que la culture n’est, après tout, qu’un luxe superflu. Comme si l’art et la culture n’appartenaient pas à tout le monde et comme s’ils n’étaient pas aussi indispensables que l’eau et l’énergie, aussi nécessaires que le pain." En Espagne, les dépenses pour la culture ont été réduites de 40 %, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne d’un quart. Le Portugal et la Slovénie ont supprimé leur ministère de la Culture. En Pologne, à peine 0,6 % du budget national est destiné à la culture.

On répète, certes, et à juste titre, que la culture est devenue aussi une industrie essentielle à nos pays et à l’emploi, dépassant en valeur le secteur automobile. Mais elle n’est pas que cela. Les bons comptes ne font pas toujours les bons contes. Même sans les retombées économiques immédiates, elle est aussi essentielle que la recherche fondamentale. Le lieu où on peut encore penser et rêver le monde, imaginer des voies nouvelles, trouver du bonheur. Aussi "inutile" que l’amour, elle est aussi nécessaire à notre vie que celui-ci.