Politique

Quel avenir pour nos grands musées et établissements scientifiques fédéraux (Bibliothèque royale, Archives, etc.) ? On sait que le projet de Philippe Mettens, le patron de la politique scientifique, de créer des “Pôles” avec fusions entre établissements a été arrêté par le secrétaire d’Etat Philippe Courard. Mais la question de l’avenir de ces institutions reste posée et le dossier devrait se retrouver sur la table du futur gouvernement.

La N-VA, en tout cas, voudrait leur accorder une plus grande autonomie “sous le contrôle des communautés flamande et française et elle n’exclut pas de lier certaines aux universités. Une manière de “défédéraliser” ces institutions.

Une étrange initiative

La ministre flamande de la Culture, Joke Schauvliege, a pris dans ce contexte une étrange initiative. Elle a convoqué à une réunion “confidentielle” (“vertrouwelijk overleg”) un groupe de personnalités des grandes institutions fédérales, ce mercredi 9 avril, à son cabinet. Pour, dit-elle, “délibérer et réfléchir à ce que pourrait être à l’avenir, un bon ‘emboîtement’ des institutions culturelles et scientifiques fédérales en tenant compte de la sixième réforme de l’Etat .

Pourquoi pas. Il est de fait utile que les niveaux de pouvoir se parlent et il est surprenant qu’aucune concertation n’ait encore eu lieu entre le fédéral et les communautés sur ce sujet. Mais il est très maladroit de lancer une telle réunion à la veille des élections et surtout de n’inviter à cette concertation que les seuls responsables néerlandophones de ces institutions. On retrouve dans les invités les directeurs quand ils sont flamands (Guido Gryseels de Tervuren, Karel Velle pour les Archives générales, Christina Costermans pour l’Irpa), mais quand les directeurs sont francophones, ce sont les adjoints néerlandophones qui sont invités (Frédéric Leen et Joost Vanderauwera au musée des Beaux-arts, Werner Adriaenssens et Bart Suys au Cinquantenaire, Robert Nouwen à la Bibliothèque royale).

Si l’idée d’une concertation n’est pas mauvaise, la date choisie et la liste des invités ne peuvent que relancer la crainte d’une “défédéralisation” de ces institutions.