Politique En septembre 2011, une interview de la ministre de la Culture, Fadila Laanan à "La Libre", avait profondément surpris le Palais des Beaux-arts, son président Etienne Davignon et son directeur Paul Dujardin.

A la question "Êtes-vous énervée contre Bozar ?", la ministre répondait : "Oui, je suis assez critique. Le palais des Beaux-Arts est une entité fédérale (et nous les aidons sur des dossiers comme la musique), et pourtant je constate de forts déséquilibres, surtout pour les arts plastiques. Sur ce plan, Bozar est dans une situation de flamandisation à l’excès. Je sais que Paul Dujardin, le directeur, le nie et que peut-être cette situation est due aux nombreux changements dans les équipes s’occupant des arts plastiques, mais c’est un fait troublant : les Flamands sont mieux servis que nous à Bozar, il y a un vrai déséquilibre. Je l’ai fait savoir officiellement à notre secrétaire général, Frédéric Delcor, qui siège au Conseil de Bozar. Il nous faut un plan pour rééquilibrer les choses. Il n’est pas normal de devoir payer cher et vilain la présence de nos artistes ou les idées qu’on apporte."

Une critique qui tombait mal, après le départ du Rideau de Bruxelles. Bozar laissait entendre que, bien au contraire, malgré les différences de subsides reçus du Nord et du Sud, il veillait à la bonne égalité entre les artistes des deux Communautés et dans l’utilisation des langues. Si problème, il y avait c’était plutôt dans le peu de projets proposés par les francophones.

Depuis, tout le monde s’est rencontré et les malentendus ont été levés. Pour le proclamer, il y a eu, mardi, la signature en grande pompe de la prolongation du contrat-programme entre la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et les autorités de Bozar. Bozar annonce qu’il veut "renforcer ses liens avec la FWB et ses artistes et contribuer à la dynamique culturelle de la FWB tant en Belgique qu’à l’international."

Les modifications apportées au contrat-programme visent, d’abord à élargir les projets possibles à toutes les disciplines et pas seulement à la musique. Le contrat-programme est prolongé jusqu’à fin décembre 2014. S’il n’y a pas de revalorisation de la subvention, qui reste à son montant de 151 173 € par an, l’ambition sera accrue, dit-on, grâce à un "meilleur partenariat".

Bozar s’engage à organiser au moins 4 événements en collaboration ou coproductions avec des opérateurs culturels et artistes de la FWB. Bozar assurera au moins la mise à disposition de salles, ainsi que les coûts liés à l’équipement, au personnel et au fonctionnement. L’une des particularités de l’avenant est la création d’un "Comité de gestion", composé d’une délégation de la FWB (secrétaire général, administrateur général de la Culture, directeurs des services arts de la scène, musique, arts plastiques et pluridisciplinaire, représentant de la ministre) et, d’autre part, d’une délégation de Bozar (directeur général et artistique, responsables des programmations artistiques de Bozar, etc.). Le Comité de gestion est appelé à définir la programmation des événements, en opérant une sélection parmi les projets proposés par des opérateurs et artistes de la Communauté française.