Politique

Le Centre international pour la Ville, l’Architecture et le Paysage - ou Civa -, rue de l’Ermitage à Bruxelles, a été créé en 1999. Il regroupe les activités de plusieurs ASBL toutes liées à l’histoire de l’architecture et du paysage, comme les Archives de l’architecture moderne, créées par Maurice Culot qui ont accumulé des trésors formidables sur l’architecture belge du XXe siècle, la Bibliothèque René Pechère sur les jardins, le centre Paul Duvignaud et le Fonds pour l’architecture.

Depuis quinze ans, le Civa multiplie les expositions, fait connaître l’architecture au grand public, publie des ouvrages, reçoit des chercheurs, organise des animations, etc.

Mais depuis quelques années, sa situation juridique et budgétaire devenait très compliquée. Le Civa dépendait de la Cocof (la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles) et recevait des subsides de la Communauté française. Mais les dettes ont pesé et Joëlle Milquet, la ministre de la Culture, a coupé le contrat-programme du Civa.

Liquidation

Les difficultés étaient telles que l’ASBL Civa a été mise en liquidation. Le relais est maintenant pris par la Région bruxelloise et son ministre-président Rudi Vervoort qui nous a révélé ses objectifs pour le nouveau Civa, transformé depuis le 8 mars en Fondation d’utilité publique (Fondation Civa Stichting).

La Région bruxelloise avait déjà racheté le bâtiment à la Cocof en 2014.

"Nous ne pouvions pas laisser disparaître un tel outil, important pour le développement de la région et sa qualité architecturale. Etudier une ville implique de connaître son passé et donc ses archives. La dernière réforme de l’Etat nous offre pour la première fois la possibilité de nous impliquer dans des projets culturels pour peu qu’ils aient une implication régionale, ce qui est le cas avec le Civa. Un autre cas est celui du futur musée Citroën."

Tout l’ancien Civa est passé dans le nouveau Civa (on réfléchit à en changer éventuellement le nom) : le personnel (une trentaine de personnes), les collections (il faudra discuter de ce transfert avec tous les donateurs). La subvention assurée dorénavant par la région est de 2 millions d’euros par an et permettra de couvrir les coûts.

Cinq départements

Le nouveau Civa aura une structure plus centralisée et rationalisée avec un directeur général administratif (un appel à candidatures sera lancé pour lequel l’actuel directeur de l’ASBL Civa, Christophe Pourtois, pourrait postuler). Et cinq départements sont créés qui auront chacun leur directeur et leur comité scientifique : L’histoire de l’architecture et de la ville ; L’art des jardins, l’architecture du paysage et les écosystèmes urbains ; Les enjeux de la ville contemporaine ; Les animations pédagogiques ; Les équipements biculturels d’intérêt général.

Devenu régional, le Civa sera biculturel (tout était déjà bilingue). Auparavant, il n’était financé que du côté francophone et suivait aussi l’architecture wallonne, ce qui n’est plus dans ses compétences.

"Le nouveau Civa aura un potentiel de développement sur beaucoup de sujets", promet M. Vervoort.

Le conseil d’administration où les ASBL de l’ancien Civa sont représentées a déjà choisi ses premières expositions. En mai, une expo parlera de l’Art nouveau "floral" à Bruxelles, c’est-à-dire comment les racines de l’Art nouveau se nourrissent dans la nature. Une seconde expo est prévue en novembre.

Au Citroën ?

Pour la suite, une hypothèse est sérieusement étudiée : le Civa pourrait à terme déménager et intégrer le futur musée de la Région au Garage Citroën. "C’est une option qui figure parmi d’autres. Le Citroën fait 45 000 m², dont 15 000 à 20 000 m² pour le futur musée pour lequel je rencontre de plus en plus d’intérêt. Il reste de la place et le Civa ‘fait’ 7 000 m². Le Citroën pourrait devenir un lieu culturel au sens large, on peut y intégrer aussi de la danse, de la musique, de la création diverse. L’étude est en cours. Le déménagement du Civa à terme n’est qu’une hypothèse. On attend l’étude pour l’été. Et il faudra voir le coût de l’aménagement du Citroën. Je veux toujours pouvoir lancer les travaux avant la fin de la législature, en 2019."