Politique

Accord, il y aurait donc. Si si, vous ne rêvez pas. Et nul doute qu’il sera encore longtemps évoqué et présenté comme l’un des cas "les plus emblématiques du compromis à la belge". Et de l’absurdité du même nom aussi.

Ce lundi, en commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre francophone en charge des bâtiments scolaires, Jean-Marc Nollet (Ecolo), a annoncé qu’une issue avait été trouvée dans le dossier relatif à la rénovation du Conservatoire royal de Bruxelles - aujourd’hui dans un état de décrépitude avancé - un dossier qui pourrit littéralement le climat politique belge et communautaire depuis un demi-siècle.

Ainsi, a déclaré hier le ministre écologiste, l’Olivier francophone (PS, CDH, Ecolo) se serait accordé la semaine dernière, lors de son conclave budgétaire, pour mobiliser 20 millions d’euros afin de participer au projet de restauration de ce que d’aucuns qualifient encore (?) de "joyau culturel". Vingt millions d’euros, un montant que le gouvernement fédéral avait expressément sollicité en mars dernier. Ah bon ?

Rappel et éclairage. Alors que la tutelle du Conservatoire royal de Bruxelles et du "Koninklijk Conservatorium Brussel" - les deux écoles supérieures des Arts qui occupent les lieux - est respectivement assurée par la Fédération Wallonie-Bruxelles et par la Communauté flamande, le bâtiment appartient à l’Etat fédéral. Autrement dit, si ce dernier en est le propriétaire, ce sont les deux Communautés précitées qui l’occupent et le louent… sauf qu’elles ne paient pas de loyer, à vrai dire. Par conséquent, et tandis que le Conservatoire se détériore un peu plus chaque jour des législatures qui se succèdent, le gouvernement fédéral avait proposé en mars dernier que chaque partie, fédéral et Communautés, participe à part égale à hauteur de 20 millions d’euros dans la rénovation du bâtiment classé, l’ensemble des travaux étant estimé à 60 millions d’euros.

Pour ce faire, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait ainsi mandaté le ministre Nollet de façon à poursuivre les négociations, tout en respectant une série de conditions liées notamment au plan d’investissements (dit "Masterplan") établi par le fédéral, et à l’opération de rénovation elle-même "devant prendre la forme d’une société anonyme de droit public à finalité sociale et garantissant en son sein une représentation équilibrée des deux Communautés aux côtés de la composante fédérale".

Interrogé au Parlement de la Fédération sur la mise en œuvre concrète des travaux par les députés Olga Zrihen (PS) et André du Bus de Warnaffe (CDH) - ce dernier n’ayant pas manqué de rappeler en passant qu’il était à l’origine d’une résolution allant dans ce sens votée à l’unanimité en juillet 2012 - Jean-Marc Nollet a répondu que "le fédéral paierait le métré dont il a indiqué qu’il disposerait fin janvier 2014, ainsi que le Masterplan qu’il ne pourra commander qu’une fois qu’il aura obtenu le métré. Autrement di t , a-t-il ajouté , les résultats du Masterplan ne seront connus qu’en 2015… bien trop tard vu l’urgence de la situation". Raison pour laquelle l’Olivier francophone aurait décidé la semaine dernière d’adapter le mandat de négociation en question de façon à débloquer les 20 millions d’euros sollicités et ce, "tout en s’assurant que l’opération serait bien budgétairement neutre".

Pour le reste, a terminé le ministre, "vu l’ampleur des travaux et les moyens financiers limités des autorités, le processus de rénovation du Conservatoire sera vraisemblablement découpé en plusieurs tranches et s’étalera sur plusieurs années, et sur plusieurs législatures".

Une rencontre entre les trois parties, fédéral et Communautés donc, est prévue le 11 octobre prochain.