Politique

C’est la guerre ouverte entre le directeur du Public, Michel Kacenelenbogen et la ministre de la Culture, Alda Greoli (CDH). Il intente une action en justice (avec Alain Berenboom comme avocat) contre le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (et donc Alda Greoli), annonce ce matin l’Echo sur son site.

Entre le directeur du Public et l’ancienne ministre de la Culture Joëlle Milquet (CDH également), le courant passait très bien et celle-ci semble lui avoir fait des grandes promesses qu’Alda Greoli ne peut ni juridiquement ni budgétairement assumer, ce qui suscite la colère noire du directeur du théâtre.

En cause ici, une demande de subside supplémentaire de 200000 euros étalés sur trois ans, pour le projet "d’utilité publique" (destiné entre autres aux écoles), "Pour en finir avec la question juive", une demande dont on découvre aujourd’hui publiquement l’existence. L’avocat de Michel Kacenelenbogen apporte comme preuve une lettre de Joëlle Milquet qui confirme cette promesse. Un appui qui a profondément irrité Alda Greoli.

Pour celle-ci, et elle l’a expliqué ce mardi lors d’une conférence de presse sur "40 actions pour bouger les lignes de la culture", cette promesse n’est juridiquement pas valable et elle n’a de plus, pas la possibilité de l’honorer.

En effet, argumente-t-elle, dès qu’un théâtre reçoit plus de 250000 euros de subvention annuelle (le Public reçoit 1,6 million), toute demande de crédits supplémentaires doit passer par le gouvernement, ce qui n’a pas été fait. De plus, on ne peut pas réserver ces sommes sur trois ans. Enfin, il y a une règle qui limite ces projets "d’utilité publique" (comme la pièce "Djihad") à une somme maximale de 30000 euros par projet. "Considérant cependant que c’est un bon projet, explique Alda Greoli, j’ai porté celui-ci au gouvernement et avec ma collègue de l’enseignement Marie-Martine Schyns, le gouvernement a décidé d’octroyer exceptionnellement 50000 euros à ce projet".

Insuffisant pour le directeur du Public qui invective la ministre dans L’Echo : "La ministre gère son cabinet comme un camp scout. Je ne peux pas faire confiance à quelqu’un qui ne respecte pas la décision de son prédécesseur".

Alda Greoli veut rester sereine, sûre dit-elle de son bon droit. Dans la liste des mesures de bonne gouvernance qu’elle veut prendre, elle veut susciter une réforme des fédérations professionnelles "afin de structurer le dialogue et d’éviter d’y mêler des dialogues individuels".