Politique

On a fort remarqué vendredi une carte blanche dans "De Standaard" de deux parlementaires bruxelloises N-VA, bien au fait du projet de musée d’Art moderne et contemporain à installer dans l’ancien magasin Citroën près du canal. Rudy Vervoort, le président de l’exécutif bruxellois, venait de confirmer le projet malgré les questions qui restent posées : y a-t-il accord du gouvernement fédéral pour y transférer les collections entreposées dans les réserves du musée des Beaux-Arts ? Quel est le coût de la transformation du Citroën en musée ? Quel projet y développer ?

Le texte de Cieltje Van Achter et Cathy Coudyser est d’autant plus important que la ministre de tutelle du musée des Beaux-Arts est Elke Sleurs, N-VA également. Rejoignant des avis venus de bords totalement différents, elles expliquent que plutôt que de lancer des projets d’infrastructures nouvelles, elles préfèrent entretenir ce qui existe. Elles soulignent qu’il y a déjà deux sites muséaux fédéraux à Bruxelles au Cinquantenaire et au musée même des Beaux-Arts où des espaces aujourd’hui inoccupés faute de rénovation par la Régie des bâtiments peuvent être aménagés.

Gifle ?

Dans le même journal, on lisait une opinion de J.P. Rondas expliquant que ce n’était pas tant la Monnaie qui était visée que les musées qualifiés de chasse gardée du PS et surtout Michel Draguet, le patron du musée des Beaux-Arts. Il n’est donc pas acquis que le gouvernement fédéral envoie ses collections au Citroën.

La députée bruxelloise Yamila Idrissi (SP.A) a d’ailleurs immédiatement réagi en jugeant cette prise de position de la N-VA via la "carte blanche" comme "une gifle aux Bruxellois qui défendent la nécessité pour la capitale d’avoir son musée d’art moderne et contemporain à l’instar d’autres grandes villes" .

Rudy Vervoort, au Parlement bruxellois, a bien dû admettre qu’il y avait là un souci. "Le défi, ce sera la collection du musée. Le gouvernement bruxellois comptait sur la collection fédérale, mais la N-VA a renvoyé vendredi, notamment par la bouche de la députée bruxelloise Cieltje Van Achter, à l’accord de gouvernement fédéral qui affirme que la collection fédérale d’art est une et indivisible." Rudi Vervoort voit en ce dossier "un beau test pour la politique dans ce pays" .