Politique C’est en tout cas ainsi que le conçoit le bourgmestre de Liège qui se livre à ce sujet. Entretien Bruno Boutsen

S’il est reconnu pour être le "Monsieur sécurité" du PS, le député-bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) a également une fibre culturelle affirmée, lui qui depuis qu’il est arrivé à la tête de la Cité ardente n’a cessé de couper les rubans. En effet, force est de constater que les inaugurations d’infrastructures culturelles se sont succédé ces dernières années, du musée de la Vie wallonne au Théâtre de Liège en passant par le Grand Curtius et le bâtiment de l’Opéra de Wallonie.

Ce mercredi, c’est au tour du nouveau musée de la Boverie, sis dans le parc éponyme et désormais relié - depuis ce lundi - à la gare TGV des Guillemins par une passerelle cyclo-piétonne, de faire l’objet d’une ouverture en grande pompe, en présence des architectes dont le Français Rudy Ricciotti (auteur du Mucem) et des responsables du musée du Louvre. En effet, un partenariat avec ce dernier a été conclu pour une période de trois ans, à charge pour lui de concevoir trois expositions temporaires dont la première, intitulée "En plein air", est aussi vernie pour l’occasion.

"Le rêve rejoint la réalité"

"L’inauguration du musée de la Boverie, c’est la convergence de l’histoire, à savoir l’Expo universelle de 1905, d’un projet urbanistique et de la stratégie culturelle de la Ville dont elle est le point d’orgue", estime Willy Demeyer, pour qui "c’est le rêve qui rejoint la réalité". "Ce qui est formidable, c’est de voir se réaliser de son vivant un tel projet d’ensemble avec le soutien de la population", poursuit le bourgmestre. Lequel juge par ailleurs "ambitieuse et équilibrée" la politique de rénovation des infrastructures culturelles menée depuis une quinzaine d’années à Liège où il dit avoir appliqué le principe marxiste qui veut que "l’infrastructure détermine la superstructure".

Le maïeur liégeois souligne également "l’importance d’une émancipation par la culture" qu’il qualifie en outre de "condition du vivre-ensemble". Quant à savoir si le musée de la Boverie constitue le dernier acte de la politique culturelle de la Ville, il répond par la négative en évoquant des dossiers tels que celui du Mad Musée qui est en suspens. Mais d’annoncer "une pause dans les grands investissements culturels" tout en réfutant au passage le fait que la Ville délaisserait les petits opérateurs.

Willy Demeyer met en évidence les quatre centres culturels dont Liège dispose sur son territoire ainsi que le soutien apporté aux artistes contemporains, y compris dans le musée au travers de la programmation et d’un espace dédié aux jeunes artistes. Au sujet de l’ambition initiale qui était d’en faire une sorte de Guggenheim, il reconnaît que le contexte budgétaire a évolué mais estime que "la Ville a les moyens de ses ambitions" en ayant trouvé des financements alternatifs.

Enfin, lançant un appel à la nouvelle ministre de la Culture en ce qui concerne un futur contrat-programme, il dit ne pas craindre une fréquentation des musées en baisse (en comparaison des expositions événements du type Dali à Liège) et juge nécessaire de mettre sur pied "une stratégie commune de marketing territorial" afin de mieux structurer et promouvoir l’offre culturelle liégeoise.


La fête dans la métropole liégeoise

Objectif "Affirmer la métropole liégeoise et la faire rayonner à l’international" : tel est l’objectif de l’événement voulu populaire et gratuit "Métamorphoses". Soit quatre jours de spectacles sur huit sites réunissant plus de 100 artistes et une quarantaine de compagnies.

Programmation A Liège, le parc de la Boverie sera au cœur des festivités. Ce jeudi dès 13h, il sera possible de visiter le nouveau musée au son de l’OPRL présent pour l’occasion. Vendredi et samedi dès 21h30, la compagnie française Ilotopie proposera un opéra fluvial et pyrotechnique depuis la Dérivation. "Les Fous du Bassin" sera visible uniquement depuis le site de la Boverie où un écran géant est prévu. En journée, le parc de la Boverie sera envahi par toute une série de propositions artistiques.

Mais aussi Chaudfontaine, avec le parc Hauster où se produira la compagnie belge Carabosse, mais aussi Visé et son île Robinson (avec la compagnie française Métalu A Chahuter) et Seraing, autour de la place Kuborn, sont aussi concernées. Infos : www.liegetogether.be.