Politique En tant que bourgmestre depuis 2012, Paul Magnette a annoncé qu’il comptait bien redorer le blason de Charleroi pendant son mayorat. Notamment grâce à une bonne dose de culture au sens large et à l’organisation d’événements. Un signe : l’actuel président du Parti socialiste avait d’ailleurs choisi de conserver dans ses attributions mayorales les compétences "Culture" plutôt que de les laisser à un "simple" échevin.

Parmi les événements importants, on trouve un festival urbain baptisé "Rire sur la ville", organisé et produit par l’humoriste François Pirette en partenariat avec RTL-TVI. L’édition 2013 se tiendra du 28 au 30 juin.

Coût total de "Rire sur la ville" version 2013 : 650 000 euros environ, dont une part conséquente prise en charge par les pouvoirs publics : selon nos informations, ce montant est de 140 000 euros éclatés entre divers niveaux de pouvoir.

Notamment : la Ville de Charleroi (qui prend à sa charge 35 000 euros), la Région wallonne (via un subside "Tourisme" du ministre PS Paul Furlan), la Communauté française (via un subside "Culture" de la ministre PS Fadila Laanan), etc. Toutefois, nous n’avons pas pu obtenir confirmation de la ventilation exacte des budgets octroyés par ces différentes institutions.

Une telle intervention des pouvoirs publics n’est pas neutre : le coût pour les finances publiques des dernières éditions de "Rire sur la ville" avait créé la polémique à Charleroi. En effet, en 2011, les deux spectacles organisés au Spiroudome n’avaient pas vraiment connu un succès éclatant. L’année d’après, fin 2012, François Pirette avait mis sur un pied une nouvelle édition du show au palais des Beaux-Arts carolo (en partenariat avec RTL-TVI). De nouveau, l’engouement du public avait été assez mitigé : selon l’opposition Ecolo à l’époque, un spectateur sur deux environ n’avait pas payé sa place. Il fallait notamment veiller à remplir la salle en invitant à tour de bras…

Pas de garanties publiques en 2013

Or, en 2012, les pouvoirs publics étaient parties prenantes au spectacle et le tout avait coûté un peu plus de 130 000 euros aux contribuables via des subsides régionaux et communautaires mais aussi en raison de l’intervention de la Régie communale autonome de Charleroi : elle intervenait pour 100 000 euros en garanties financières si l’événement prenait un "bouillon"… Et, en effet, cette couverture avait dû être activée pour plusieurs dizaines de milliers d’euros vu le succès mitigé.

Bref, pour cette année, cette intervention "en garantie" de la Régie n’a pas été reconduite et l’intervention de la Ville de Charleroi a été limitée à 35 000 euros. Mais c’était sans compter "l’aide" d’autres institutions publiques qui, donc, font monter les subsides à 140 000 euros au total.

Une belle somme… Toutefois, du côté de la Ville de Charleroi, la porte-parole de Paul Magnette rappelle que les budgets communaux (35 000 euros) sont très raisonnables "vu l’ampleur de l’événement et vu la volonté de la Ville de créer des événements récurrents qui puisse donner une identité événementielle à Charleroi. La Ville en a besoin. Ce sont trois jours entiers de fêtes avec, notamment, des scènes gratuites et plusieurs scènes accessibles pour 10 euros".