Politique

Dans le maquis des institutions bruxelloises, la culture ne trouve pas toujours son compte. Et le Réseau des arts/Kunstoverleg, regroupant les institutions culturelles bruxelloises, réclame une nouvelle politique culturelle. Il y a près de deux ans, il présentait un ambitieux "plan culturel pour Bruxelles" sans guère de suites à ce stade.

Il faut donc se réjouir du premier pas, petit certes, mais hautement symbolique, qui sera fait ce mercredi. A l’initiative de leurs deux présidentes Julie de Groote (CDH) et Carla Dejonghe (Open VLD), les deux assemblées culturelles bruxelloises, la Cocof et la VGC se réunissent pour entendre le rapport du Réseau des arts et donc les demandes du monde culturel. La réunion aura lieu en "terrain neutre", dans la salle des glaces du Parlement. Il a fallu plusieurs mois de tractations délicates aux deux présidentes pour arriver à ce simple geste.

On sait que la culture est avant tout une question de Communautés et que tout ce qui ressemblerait à une approche régionaliste (ici bruxelloise) se heurte à de nombreuses résistances au nord comme au sud. Pourtant, on voit avec les déboires de Flagey et aujourd’hui du Wiels, avec l’absence depuis des décennies de tout accord culturel entre les deux Communautés, qu’il manque quelque chose pour Bruxelles.

Les deux assemblées s’étaient déjà réunies à une seule reprise pour recevoir des classes d’élèves. Cette formule de collaboration continuera mais ici, elle est plus politique. C’est un message fort, disent les deux présidentes, qui espèrent que cela sera relayé ensuite par l’exécutif bruxellois, via d’abord les commissions culture de ces deux parlements. Le président de la commission culture à la Cocof, l’Ecolo Vincent Leurquin, serait prêt à y participer. Le but est d’interpeller ensuite les ministres compétents pour les questions culturelles - Emir Kir (PS) côté francophone et Bruno Delille (Groen) côté néerlandophone) pour leur demander le suivi qu’ils feront du "Plan pour Bruxelles" du Réseau des arts.

Un Plan très ambitieux. On y lit par exemple que "la gestion de la culture à Bruxelles ressemble aujourd’hui à une jungle dans laquelle deux Communautés et une longue liste de niveaux de pouvoir suivent librement leur propre chemin. [...] A moyen terme, la régionalisation d’une importante partie des compétences culturelles des Communautés est souhaitable, même si celles-ci jouent un rôle positif dans le développement des arts et de la culture à Bruxelles." Mais à court terme, les buts sont beaucoup plus modestes : dresser par exemple un cadastre des lieux culturels à Bruxelles qui, curieusement, n’existe pas, mettre sur pied une cellule de coordination pour les affaires culturelles entre la Cocof et la VGC, conclure (enfin !) un accord culturel entre les Communautés limité à Bruxelles, créer un magazine culturel unique de référence et un seul site web pour promouvoir la culture à Bruxelles, créer une organisation intégrée chargée du marketing culturel à Bruxelles.

Si déjà l’une ou l’autre de ces idées pouvait se concrétiser, le Réseau des arts/Kunstoverleg aurait démontré qu’un petit pas est possible dans la bonne direction.