Politique

Comme Le journal des arts le révélait lundi, Michel Draguet, 53 ans, directeur du musée des Beaux-Arts de Bruxelles depuis mars 2005, professeur à l’ULB, créateur du musée Magritte et du musée Fin de siècle, se retrouve parmi les quatre noms qui ont déposé leur candidature pour diriger le prestigieux musée d’Orsay à Paris. Les trois autres noms sont français : Laurence des Cars, actuelle directrice du musée de l’Orangerie, Dominique de Font-Réaulx, directrice du musée Delacroix et Sylvain Amic, directeur des musées de Rouen. François Hollande et sa ministre de la Culture Audrey Azoulay doivent choisir pour le 15 mars.

S’il n’était pas choisi, Michel Draguet reste candidat au renouvellement de son mandat actuel venant de recevoir la note « excellent » à son évaluation. Mais on sait que la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique Elke Sleurs (N-VA) est très critique à son égard et il pourrait ne pas être reconduit, surtout si on change les règles du jeu ce printemps en changeant les structures juridiques des musées (lire La Libre de lundi).

Après sa note « Excellent », voir Michel Draguet possible directeur d’Orsay, est une forte réponse à ses détracteurs et une possibilité pour lui de rebondir brillamment à Paris. « C’est une reconnaissance à notre travail réalisé en Belgique, y compris au musée Fin de siècle », dit-il. A l’occasion de l’ouverture du musée Fin siècle à Bruxelles, nous avions titré que ce musée était un peu l’Orssay belge…

Succès et divisions

Le musée d’Orsay a été créé il y a 30 ans et est consacré à l’art de 1848 à 1914 (peinture, sculpture, arts décoratifs, photographie, architecture), un domaine que Draguet connaît fort bien. Le succès d’Orsay est indéniable. La fréquentation est passée de 2,5 millions de visiteurs en 2004 à 3,5 millions en 2014 avec des expos phares comme Bonnard, Douanier Rousseau, Van Gogh-Artaud.. En 30 ans, Orsay a accueilli 90 millions de visiteurs !

Le directeur actuel, Guy Cogeval peut s’enorgueillir de ce succès d’audience et de la santé financière du musée mais sa personnalité flamboyante a cependant beaucoup agité le monde culturel français

Ce spécialiste de Vuillard qui dirigea un temps le musée des Beaux-arts de Montréal fut nommé en 2006. Lorsqu’il s’est agi en mars de le reconduire pour trois ans comme il le souhaitait, la polémique a éclaté au grand jour. « Génial » pour les uns, il est pour les autres, « brutal, arrogant et peu diplomate ». L’atmosphère interne au musée serait mauvaise disent d’autres. Et on lui reprocha les goûts « scabreux » de ses expos, trop sexuelles, même si le public a suivi: « Le nu masculin », « La prostitution », « Sade », « Crimes et châtiments ». Ou ses penchants trop people mêlant mode et impressionnisme. C’est oublier le triomphe des expos Van Gogh-Artaud (654000 visiteurs) et Bonnard (510000 visiteurs). C’est négliger qu’une expo comme celle sur la prostitution était de haute qualité.

La ministre de la Culture coupa la poire en deux et ne prolongea le mandat de Cogeval que d’un an, jusqu’au 15 mars 2017. Cogeval dirigera ensuite un centre sur ses chers Nabis.