Politique

Dans un article intitulé "Mons: c'est la Capitale européenne de la Culture - mais les habitants veulent juste aller à Ikea", The Guardian s'en prend avec virulence aux choix et à la politique de la ville hennuyère. Le critique "design et architecture" du quotidien britannique explique que "Seul l'un des nouveaux bâtiments est prêt mais sa pièce maîtresse doit être démontée après que des morceaux soient tombés - et les gens sont plus excités par l'arrivée prochaine d'un Ikea. La ville belge sera-t-elle le dernier clou du cercueil des Capitales européennes de la Culture ?".

Après avoir décrit l'effervescence suscitée par l'arrivée de l'oeuvre d'Arne Quinze, le journaliste embraye : "Ça, c'était la semaine dernière. Maintenant, tout ce qui reste de la pièce maîtresse de 400.000€, ce sont quelques souches jonchant la chaussée." Car la sculpture, qui était destinée à embellir la cité du Doudou pour les cinq prochaines années a dû être démontée à peine cinq semaines après son installation, suite à des doutes sur sa stabilité et la chute de quelques morceaux de bois.

The Guardian cite ensuite "l'exubérant bourgmestre Elio Di Rupo" par ces mots : "C'est une mesure de précaution. Nous n'allons prendre aucun risque. Nous avons discuté de la reconstruction mais nous devons devoir absorber le choc".

Le journaliste affirme que cet effondrement "annonce un début difficile pour une année de célébrations culturelles qui a jusqu'ici été marquée par une absence notable des projets promis". Parmi lesquels : la gare ("qui, pour l'instant, n'en est qu'à la fondation en béton") ou les cinq musées ("qui sont encore en construction et ouvriront, au plus tôt, en avril").

Signalant que Mons est surnommée par les Britanniques "The First and the Last" (car le premier et le dernier soldats britanniques y sont morts durant la Première Guerre mondiale), The Guardian reprend la formule et la tourne en dérision : "Cela pourrait aussi être le sous-titre de son année culturelle : la première à avoir postulé et la dernière à être prête".

"Comme des enfants à Noël"

The Guardian se demande encore si la "courageuse" ville de Mons avait bien besoin d'une gare signée Calatrava. L'architecte de renommée internationale étant pointé du doigt pour ses "budgets qui représentent des gouffres financiers". 

"La Capitale européenne de la culture maintient sans relâche une logique peu approfondie", ajoute le journaliste, qui critique cette volonté de faire appel à des architectes connus pour redorer l'éclat d'une ville. "C'est comme des enfants dressant leur liste de cadeaux pour Noël. Cela amène les bourgmestres à rêver à de grands et luxueux bâtiments dont ils n'ont pas besoin et qu'ils ne peuvent se permettre financièrement, délaissant trop souvent un grand nombre de monuments surdimensionnés sous-utilisés dans son sillage.

Le journaliste conclut sa diatribe en précisant qu'en quittant Mons et en se renseignant sur l'aspect de la prochaine gare, le responsable presse de la ville lui précise : "La plupart des gens à Mons sont bien plus excités par l'arrivée imminente d'un magasin Ikea".