Politique

Le week-end dernier, nous évoquions le conflit devenu déclaré entre la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique Elke Sleurs (N-VA) et le directeur du musée des Beaux-Arts Michel Draguet. En cause, un audit demandé par Elke Sleurs sur sa gestion entre 2010 et 2015 au musée des Beaux-Arts et au Cinquantenaire, réalisé par Dominique Kesteloot, l’auditeur interne de Belspo (la politique scientifique), mais sans que jamais celui-ci ne rencontre Draguet, « contrairement à ce qu’impose la déontologie et la législation en la matière » soulignait déjà celui-ci dans « La Libre ». Il ajoutait déjà que cet audit reprend des critiques sérieuses, mais « non étayées ». Et il ajoutait que « ces éléments m’inquiètent et je comprends le président de la Cour de Cassation qui jugeait qu’en Belgique, nous sortions parfois de l’Etat de droit. »

« L’Echo » a pu consulter l’audit et évoque comme critiques : pas d'évaluation du personnel; pas de plan de formation du personnel; faible expertise légale (absence de juriste), informatique, financière, en matière d'achats (pas de cellule achats) et de projet (pas d'expertise en gestion de projet). La gestion des risques est inexistante dans les deux institutions, de même qu'une politique de monitoring. L'audit relève enfin l'existence de clans.

L'audit épingle, dans le cas des MRBAB, le peu de concertation avec les scientifiques dans le choix des expositions. L'auditeur constate des problèmes dans des achats pouvant conduire à des commandes sans marché public. Mais l’audit, continue « L’Echo » apparaît uniquement à charge (rien sur le bilan de Draguet comme directeur- budget nombre de visiteurs) et dans L’Echo, Draguet le réfute point par point sur le fond et la forme (aucune rencontre avec lui). Audit « truffé d'erreurs et de contre-vérités ». À titre d'exemple, il relève que l'audit épingle l'absence d'un directeur financier aux MRBAB, or, dit-il, « l'auditeur a passé des jours dans le bureau de notre directeur financier ».

Sur la base des conclusions de l'audit, Elke Sleurs a envoyé un courrier à René Delcourt, président de Belspo où elle lui dit prendre au sérieux les dysfonctionnements relevés. Dans sa missive, elle évoque des plaintes qu’elle aurait reçues contre Draguet.

Elle confirme avoir demandé à l'inspection des Finances d'enquêter. Et de conclure: « Vu le sérieux des faits exposés ci-dessus, j'attends de vous que vous preniez les mesures nécessaires s'il s'avère que ces faits sont vrais. »