Politique

Non ! La France vient de refuser officiellement de rendre les œuvres d’art que le Bénin lui réclamait. 

"Les biens que vous évoquez ont été intégrés de longue date, parfois depuis plus d’un siècle, au domaine public mobilier de l’Etat français", a répondu le Quai d’Orsay au ministre béninois de la Culture. Ce refus faisait suite à une grande première pour une ancienne colonie africaine : le Bénin avait demandé officiellement la restitution de trônes, portes, statues et bijoux pillés en 1892 et exposés au musée du Quai-Branly à Paris. Des objets issus de l’ancien royaume de Danhomè (en langue fon et Dahomey en français) et passés dans l’escarcelle de la France à la fin du XIXe siècle.


Jusqu’ici, le Bénin, comme les autres colonies, n’avait jamais osé introduire une telle requête. C’est l’arrivée en 2016 du nouveau président béninois, l’homme d’affaires Patrice Talon, qui a changé la donne. L’homme veut aider le développement économique de son pays en misant sur le tourisme, et donc le patrimoine. Les œuvres réclamées rejoindraient ainsi le musée historique d’Abomey (ancienne capitale du Bénin).

La France pensait en être quitte avec ce refus cinglant expédié en quelques lignes. C’était sans compter les réseaux sociaux et la détermination de Sindika Dokolo (photo), homme d’affaires congolais, époux d’Isabel dos Santos, donc beau-fils du président angolais, et un des plus grands collectionneurs d’art africain ancien et moderne. Le quadra qui milite pour que le continent africain se réapproprie son patrimoine artistique et culturel vient de pousser un coup de gueule via une vidéo sur son compte Twitter. Il condamne l’attitude de la France et de toutes les autres nations qui adoptent le même comportement et il annonce que les pièces de sa collection privée qui devaient être exposées au musée du Quai-Branly n’arriveront jamais à destination.